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Chère famille et amis, chose promise chose due. Je vous laisse découvrir les vies bien occupées de nos trois chers petits au cours de ces derniers mois.
En janvier 2011 :
Tout début janvier, Tatie Beauté et son mari Boton, nous ont quittés pour continuer leur grande aventure en Chine.
C'était bien agréable de les avoir avec nous, et leurs présences nous ont permis de passer de vraies vacances sortant ainsi un peu de notre train-train quotidien.
Nos enfants aiment leur tatie et leur tonton, Lynn y compris. Elle faisait spontanément un petit bisou ou un petit câlin à Boton ou Beauté (un peu plus à Boton).
Ce mois-là, Lynn a fêté ses 19 mois. J’ai commencé à penser à arrêter l’allaitement pour mon propre bien être (enfin surtout pour mon sommeil). Lynn continuait à réclamer le sein au moins trois fois par nuit, parfois plus. Je savais que ce n’était pas encore le moment, je voulais l’allaiter pour le restant de l’hiver et au printemps la sevrer complètement. Mais j’ai commencé à réduire le nombre des tétées, ce qu’elle n’a pas apprécié puisque jusque là elle avait toujours eu le sein à la demande.
Elle a aussi commencé à dire de plus en plus de mots que nous pouvions finalement cormprendre, et quand elle ou quelqu'un d'autre faisait tomber quelque chose par terre elle disait "oh, oh !".
Mi-janvier, lors de notre petite promenade familiale du dimanche, elle était tombee à cause de gros cailloux. Allongée sur le sol elle s'était écriée: "Oh ! Oh !!!" Puis elle s'était mise à dire : « Bobo » en regardant son pantalon tout plein de boue sur les genoux. Ensuite elle avait regardé les cailloux qui l'avaient fait tomber et leur avait dit énervée: "Non, non, non !"
Le mot "bobo" est devenu très fréquent les conversations de Lynn l’utilisant plusieurs fois par jour. Du haut de ses 19 mois, elle passait son temps à se cogner, à trébucher, à tomber, à s'ecraser les doigts, à glisser et autres misères. Ses jouets aussi avaient plein de "bobos". Quand elle les jettait par terre ou que quelqu'un d'autre les poussait un peu violemment hors du canapé où ils prennaient toute la place, elle criait "bobo" et courait chercher le pauvre jouet et elle insistait pour que nous lui fassions tous un bisou pour qu'il n'ait plus de "bobo". Un après-midi juste après s'être reveillée de sa sieste, elle m'a montré tous les endroits de notre salon où elle s'était fait mal. Elle me pointait du doigt le coin de notre lit, les différents bureaux, les tiroirs, les placards, le canapé, la table basse, les pieds de la table basse, un tabouret, une poignée de tiroir, une fenêtre, etc. A chaque endroit elle me disait "bobo" et me montrait sa tête ou son bras ou une autre partie de son corps qui avait eu ce bobo à cet endroit précis. Quelle mémoire !
Lynn continue d’aimer se cacher dans nos tiroirs. Son préféré, était le grand tiroir vide (intentionnellement vidé de son contenu rien que pour elle) de la penderie de son père.
Elle disait aussi plusieurs fois par heure : "Il est où ?" C’était à nous de nous creuser la tête pour savoir ce qu'elle cherchait, parce qu'elle le cherchait très anxieusement cet objet perdu (généralement un tout petit jouet difficile d'accés sous un lit, un bureau ou un canapé). Elle criait à tue-tête : "Il est où ?" et ne s’arrêtait que lorsque nous retrouvions l'objet en question. Alors avec un gros soupir et un grand sourire elle criait :"Ah! Euh euh." "Euh euh" c'était comme cela qu'elle disait « merci ».
Elle a commencé à appeler son père "Papa", mais quand il ne répondait pas, ou ne lui prêtait pas attention elle criait haut et fort: "Paul".
Elle aime toujours autant la musique, et apprécie de pouvoir jouer de son xylophone reçu pour Noël.
Une de ses activités préférées était de feuilleter ses livres et ceux de ses aînés (encore aujourd’hui c’est un de ses passe-temps favoris).
Notre petite Lynn progresse de jour en jour, et en janvier elle a appris à courir. Elle aime courir après tout le monde et n’importe quoi. Ce qu’elle aime également, c’est de nous faire des bisous. Tous les jours, plusieurs fois par jour, elle faisait ce qu’on appellait « sa tournée des bisous ». Elle nous distribuait ses bisous, un par un, à tour de rôle, puis elle recommençait dans le même ordre, un bisou par personne.
Lynn m’aidait à mettre la table (elle le fait encore très souvent), et elle portait fièrement cuillères, pain, sel, poivre, bouteilles d'eau, son assiette (incassable) et tout autre objet (pas dangereux, ni fragile) sur la table. Quand la table était entièrement dressée, elle criait à tue-tête en bas des escaliers "A table", à plusieurs reprises pour que tout le monde vienne manger. La maison est grande, et c'est vrai que je crie fort pour appeler tout le monde, mais je ne m'en étais pas aperçue jusqu'à ce que Lynn se mette à le faire.
Elle est toujours autant admirative de son frère et de sa sœur et veut toujours être avec eux. Ci-dessous une photo d’un petit bonhomme de neige qu’ils ont réalisé en ce tout début d’année :
Le 1er janvier Jérôme a fêté avec grande joie ses 7 ans. Nous avons célébré l'anniversaire de notre cher grand garçon, sur le thème de l'araignée. Avec l’aide de Boton, j’avais réalisé une toile d'araignée géante pour faire un jeu (il fallait récupérer des petits papiers sans toucher les fils de la toile, puis remettre les petits papiers dans l’ordre pour trouver un message caché). Jérôme et ses sœurs l’ont bien apprecié.
Nous avons également refait le jeu des momies (certaines araignées momifient complètement leurs proies pour les réserver pour une consommation ultérieure) et un gâteau à étage vanille-chocolat comme il me l'avait demandé.
Il était HEUREUX, et les présences de sa Tatie et son Tonton y étaient pour beaucoup! Après tout, ils étaient les seuls invités de la fête. Ils sont repartis chez eux dans la nuit du 1er au 2 janvier.
Je vous mets quelques photos du jeu de la momie :
Jérôme est très heureux d'avoir 7 ans, mais préférerait "avoir 12 ans pour avoir la prêtrise", ses mots pas les miens. Il continue d'embêter ses sœurs, il aime les taquiner, mais elles n'aiment pas trop ça. Il aime arracher des mains de Lynn les jouets qu'elle tient fermement entre ses doigts. Il aime lancer des trucs (sans faire exprès…hum, hum) sur les playmobils bien rangés d'Eva. Il veut toujours jouer avec les jouets de ses sœurs au moment même où elles sont déjà en train de les utiliser, et il a toujours quelque chose de très important à faire quand lui et Eva doivent débarrasser la table, ce qui fait qu'Eva se retrouve seule à faire tout le travail.
Il ne peut pas s'occuper longtemps de Lynn quand j'ai besoin d'aide pour cuisiner parce qu'il a toujours une envie pressente (qui dure longtemps) juste à ce moment-là; heureusement, Eva est toujours là pour prendre le relais.
Il n'a jamais plus faim pour un fruit, mais si par hasard un muffin, un gâteau ou une tarte apparaissent, son appétit revient aussi.
Quand il prend son bain, toujours sans faire exprès, il cause une véritable inondation, et bien sûr, il est trop "petit" pour éponger. Début janvier, il me disait "maman, je n'ai que 7 ans, c'est difficile pour moi de ne pas mettre de l'eau partout et les serviettes pour essuyer le sol sont trop lourdes pour moi, je n'ai pas assez de muscles".
Heureusement que nous savons combien dans le fond il nous aime et souvent il nous rend service. Ainsi un soir de janvier, Paul avait pris une chaise de notre salle à manger au rez-de-chaussée et l’avait amenée à l’étage pour remettre des rideaux en place, mais il n’avait pas encore pris le temps de le faire. Jérôme, comme un grand avait redescendu la chaise en utilisant toutes ses forces, et tout content nous a annoncé : "J'ai ramené tout seul la chaise que Papa avait oubliée en haut". J'ai vite dit à Paul de remercier Jérôme (il ne fallait surtout pas amoindrir ses efforts de service spontané), et de ramener la chaise à l'étage quand Jérôme serait couché.
Notre petit chéri continue d'utiliser son imagination pour créer plein de trucs. Tous les soirs pendant la lecture de Narnia (pas celle des écritures, on ne le laisse pas faire), il crée des figurines en patafix.
Dans la journée, il est toujours en train de faire quelque chose, ou d'imaginer quelque chose qu'il va pouvoir créer en patafix, en Legos, en papier ou en carton.
Ce mois-là, il s'était fabriqué des lunettes parce qu'il en avait assez d'être le seul sans lunettes. Je lui avais fait remarquer que seules Eva et moi en portions, mais il m'a dit que Paul portait ses lunettes de soleil en voiture et que Lynn comptait pour du beurre. Donc, il avait décidé de se faire des lunettes, et voici le résultat :
Mi-janvier, il était obsédé par les pirates et les trésors, plus spécifiquement, par les « vrais » trésors ceux avec des coffres en bois et des pièces d'or dedans. Il voulait vraiment en voir un en vrai, "mais pas pour l'avoir, juste pour le voir".
Une photo de notre pirate avec ses cartes au trésor (faites par lui-même) dans les mains :
Comme d'habitude il avait du mal à se concentrer pendant l'école. Juste pour vous donner une petite idée de ce que je vis tous les matins, je vous ai retranscris un échange que j'ai eu avec lui pendant une leçon d'anglais dans le courant du mois de janvier. J'étais en train de lui lire une histoire en anglais qui parlait d'un petit nain méchant quand tout-à-coup il m'a posé cette question: "Maman est-ce qu'il fait froid dans le désert ?"
Moi: « Oui, il fait froid la nuit et chaud la journée. » Juste pour savoir ce qui se passait dans sa petite tête, et pour essayer de comprendre le lien entre sa question et ce que nous étudions- et il n'y en avait pas- je lui ai posé la question suivante: « Pourquoi tu me poses cette question ? »
Jérôme : "Pour rien !"
Moi: "Il doit bien y avoir une raison."
Jérôme, l'air rêveur: "Quand je serai grand je jetterai un trésor dans le désert."
Moi, perplexe: "Mais si tu le jettes dans le désert tu ne le retrouveras plus!"
Jérôme : "Oui, mais moi je n'en veux pas de l'argent. Mais un jour quelqu'un ira dans le désert et trouvera le trésor, et c'est génial de trouver un trésor !"
Moi: "Hum."
Jérôme : "Il sera super content !"
Moi: "Ok, on reprend la leçon d'anglais."
Jérôme : "Si tu veux."
Les seules matières qui arrivent à retenir complètement son attention sont les sciences (en ce moment nous étudions entre autres son livre sur les arachnides) et les maths. En histoire, son esprit vagabonde vite, ces histoires de châteaux, seigneurs, milites (anciens militaires), et guillotine sont très propices aux rêves diurnes (et nocturnes). En géographie, les belles photos font rêver et amènent beaucoup de nouvelles questions qui n'ont aucun rapport avec le pays en question. Comme lorsque nous apprenions que la Suède et le Danemark étaient reliés entre eux par un pont, Jérôme m’a demandé : « Ce pont est long, mais quel est le plus long pont du monde? Qui a inventé le premier pont? Etc. »
Jérôme aimerait faire des maths tous les jours. Ce qu'il aime le moins c'est l’écriture, former ses lettres correctement, l'orthographe...ce n'est pas amusant. Alors pour le motiver un peu je lui avais proposé d'écrire des lettres pour la famille que je pourrais prendre en photo et envoyer par email. Il était content, cela lui plaisait bien comme idée. Il a voulu commencer par Papi Michel. Il voulait lui écrire plein de choses, mais au bout de deux lignes il a vite perdu de son enthousiasme et m'a dit : "On envoie ça à Papi, ça suffit. Il sera content !" Désolé pour les autres, vous êtes passés à la trappe, mais son poignet était très douloureux, il me disait : "Regarde maman je n'arrive pas à tenir mon stylo tellement je suis fatigué de la main !"
Un vendredi soir, lui et moi avons eu notre activité mère/fils du mois. C'était à moi de choisir, et comme nous aimons tous les deux les puzzles et qu'il en a deux (un de 100 pièces qu'il connait par coeur reçu pour ses 6 ans, et un de 300 pièces reçu pour ses 7 ans), nous avons fait une course de puzzle. J'ai pris celui de 300 pièces et lui celui de 100 pièces. Ce fut une course acharnée. Paul a dû nous forcer à lever les yeux de nos pièces de puzzle pour faire une photo.
Jérôme a gagné haut la main, je n'en étais qu'à la moitié de mon puzzle quand il a fini le sien. Il jubilait, surtout que je lui avais dit "je vais gagner" (pour rigoler, bien sûr), et lui toutes les deux secondes me disait qu'il allait "m'éclater". Il m'a aussi annoncé: "Tu sais maman, moi, pour me concentrer je dois parler ou chanter." Et c'est exactement ce qu'il a fait (entre deux "je vais gagner et t'éclater") il parlait et chantait. J'avoue que sa méthode de concentration était très déconcentrante pour moi. Mais en bon joueur, une fois la course gagnée il est venu m'aider à finir mon puzzle. Nous nous sommes bien amusés, nous avons rigolé et parlé, enfin surtout lui, moi j'étais concentrée en silence !
Le mois de janvier étant vraiment froid. Nous avons continué nos sorties du dimanche après-midi, mais les avons limité à la ville de Douchanbé (nous n’avions pas envie de rester coincés sur les routes montagneuses enneigées).
Nous sommes allés voir une jolie mosquée :
Nous avons vu un Temple Ismaèlite (visible dans le fond) :
Nous avons visité un parc construit en l’honneur de la Seconde Guerre Mondiale, et nos deux grands en ont profité pour faire des bonhommes de neige :
Eva se lançait des boules de neige sur la tête :
Jérôme s’amusait à faire des enormes boules et à les lancer le plus loin possible :
Lors de nos promenades, nous passons pas mal de temps en voiture pour aller d’un endroit à l’autre et un jour Jérôme nous a bien fait rire. Eva qui regardait par sa fenêtre a dit : "J'ai vu un homme saoul." Jérôme a tout de suite demandé: “Un homme sous quoi ?" Paul et moi avons commencé à rire. Jérôme a continué en disant: "Ah, tu veux dire souRd." Eva imperturbable : " Non, saoul !" Jérôme commençait à vraiment froncer les sourcils, alors nous lui avons rappelé ce que voulait dire le mot saoul.
Une autre fois, Eva et Jérôme ont eu une conversation forte intéressante. Ils parlaient de leurs futurs. Ils prévoyaient tous les deux d’être fermiers et d’avoir des fermes voisines. Ils construiraient tout seuls leurs fermes avec « des briques de boues pour faire des économies».
Eva ensuite expliquait de quelles couleurs serait sa ferme, mais son frère l’a interrompue en lui disant : « Ah, non pas de peinture, pas besoin ! Il faut garder l’argent pour acheter le ciment pour coller les briques, et aussi pour faire le toit et des portes et des fenêtres ! »
Eva lui a repondu : « T’inquiète pas ! J’économise tous mes sous que j’ai eu pour mes dents pour ma ferme. »
Jérôme a surenchéri : « Moi aussi je garderai mon argent de la petite souris, mais je n’ai pas de dent qui tombe, c’est nul ! J’aimerai bien qu’elles tombent toutes ce soir ! »
Eva : « Quand je voudrais partir en vacances avec mon mari et mes enfants tu t’occuperas de ma ferme et de mes animaux, et quand je reviendrai de vacances, tu partiras en vacances avec ta famille et je m’occuperai de ta ferme et de tes animaux. »
Jérôme : « Ok, ça marche. »
Eva : « Au fait Jérôme, c’est toi qui construira ma ferme, parce que moi je ne sais pas construire.»
Jérôme : « Pas de problème, je vais faire des plans, et je vais m’entraîner, et je te ferai une très belle ferme, et après je ferai la mienne. »
Eva m’a alors demandé quand est-ce qu’elle serait une adulte. Je lui ai répondu qu’en France à 18 ans, nous étions considérés adultes.
Eva a repris sa discussion avec son frère : « 18 Ans !!! C’est trop loin. Moi j’ai hâte d’être une adulte et d’avoir ma ferme. »
Jérôme : « C’est nul d’être petit, moi aussi je veux être un adulte et construire ta ferme. »
Ils ont continué leur discussion sur quels animaux ils auraient, et comment seraient leurs fermes… Trop mignons ces deux-là.
Une photo d’eux prise un matin, ils avaient commencé leur journée en faisant prisonniers leurs jouets :
Eva a un sac à trésors. Elle y a mis des petits mots d'amour de sa Tatie Beauté, de Mamie Juliette, de ses parents, de son frère, mais également des emballages de barettes (que sa Tatie lui avait offertes), un savon parfumé (offert par son ami Djahonguir), un beau caillou et encore plein de trucs dans ce genre. En janvier, elle me montrait avec grand soin tous les trésors de son sac. Un par un elle me les sortait, me les expliquait, me lisait tous les petits mots, puis elle les remettait un par un dans son sac. Elle les aime ses trésors, et moi j'aime qu'elle aime me les montrer et me les expliquer.
Son sac à trésors est protégé nuit et jour par "Super Cochon" (Eva l'appelle ainsi, et lui a mis elle-même une cape). C’est une tirelire incassable.
Photo du précieux sac et de Super Cochon :
Mi-janvier, j’ai enfin compris pourquoi depuis plusieurs semaines Eva avait les lèvres gercées et leur pourtour tout asséché. Elle m’a expliqué que lors de la veillée de Noël de l’Eglise que nous avions regardé avec les enfants, Eva avait vu le prophète Thomas S. Monson se lécher les lèvres et leur pourtour de façon répétée. Elle s'est dit qu'elle allait faire comme lui, car « c'est le prophète, tout ce qu'il fait doit être bien ! » C'est ce qui s'est passé dans sa petite tête de fille de 9 ans, elle a pris la manie d'une personne agée de plus de 80 ans.
Quand elle m'a expliqué tout cela, j'étais morte de rire, et après une petite explication, elle a arrêté de s'assécher le pourtour de la bouche et elle et ses lèvres vont bien mieux.
Une photo de notre prophète (nous croyons que comme cela était le cas dans les temps anciens, Dieu continue de nous parler à travers des prophètes vivants. Thomas S. Monson est notre prophète actuel et le Président de l’Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours) :
Eva continue de grandir sous nos yeux. En janvier, elle a perdu une autre dent de lait et son corps commençait à changer en celui d’une jeune-fille. Elle me disait: « C’est dur d’être une femme, parce que ça fait mal ! Mais je suis quand même contente d’être une fille, c’est mieux qu’être un garçon, et j’en suis sûre parce que j’ai beaucoup réfléchi. » Après quelques questions, elle m’a expliqué que c’était mieux parce que nous, les femmes, nous pouvions avoir des bébés et donner le sein.
Mais être une fille a aussi des inconvénients, notamment les cheveux longs. Eva en avait assez de devoir se déméler les cheveux tous les matins, et un lundi matin de janvier elle me disait : « J’aimerais bien que la nuit mes cheveux soient coupés et que le lendemain matin ils aient repoussé. »
Elle nous disait ce mois-là : « Quand je ferme les yeux je vois des images de chiens. » Après quoi Jérôme a rajouté : « Moi, quand je ferme les yeux je vois des constructions de Legos ! »
Un autre soir, Paul avait une discussion avec les enfants, et ils en sont venus à parler du roi et de sa cour. Paul a demandé aux enfants s’ils savaient ce qu’était la cour du roi. Eva lui a répondu : « Dans la cour du roi, il y a les rois, les reines, les valets et les as ! »
Eva, fin janvier, a fait preuve de perspicacité lorsque pendant notre lecon de géographie qui portait sur la Chine je leur ai dit que la Chine était le pays le plus peuplé du monde, elle m’a fait remarquer : "Tatie Beaute y habite, alors ça fait encore plus de personnes."
Ou encore un matin alors que pendant notre leçon de Primaire, je lui faisais un petit jeu de devinettes pour lui faire comprendre un concept, et les indices qu'elle avait en sa possession étaient les suivants : " C'est noir, gris et blanc et on peut le porter." Elle a pensé que c'était : "Les cheveux de papa !" En fait c'était ma montre, elle a deviné ce que c’était au troisième indice quand elle a su que cela se portait au poignet.
Un soir, pendant la lecture des écritures Eva a fait une découverte. Elle lisait un verset où il était question de la "haine violente" (des lamanites contre les néphites), et elle a demandé à son père : "C’est quoi, une haine violente? C’est comme ça ?" Et elle lui a soufflé dans la figure. Paul un peu dégoûté lui a répondu : "Mais non pas une haleine violente, une haine violente !!!" Eva a eu les yeux tout ronds : "Oh, la haine ce n'est pas comme une haleine !" Alors on lui a expliqué à nouveau le mot haine.
Elle aime toujours autant lire, et tous les mois elle reçoit (à travers l’adresse diplomatique de Paul) avec plaisir son « J’aime lire » du mois. A peine reçu, elle disparait pendant une heure et le lit de la première page à la dernière page sans s’arrêter.
Puis dans pendant le mois, elle aimer relire ses histoires préférées.
En janvier elle et son père ont également eu leur sorie père/fille et pour l’occasion sont allés faire du sport dans la nature. Ils ont passé un agréable moment ensemble, même s’ils sont revenus tout boueux de leur sortie.
Ma grande fille grandit et commence à me faire des confidences. Je ne vous dirais pas tout, mais j’écris un peu pour me rappeler plus tard de ces moments-là. Un mardi soir de janvier, vers les 21h30, Eva avec un regard très sérieux est venue me demander si nous pouvions nous parler seule à seule. Je suis donc allée dans sa chambre et Jérôme a rejoint son père dans le salon pour laisser sa sœur et moi-même en tête-à-tête.
Je me suis assise sur son lit avec elle, et là avec de gros soupirs et des joues bien rouges elle m’a demandée : « Maman est-ce que tu crois que Djahonguir sera un bon mari ? » Je lui ai répondu que je n’en savais rien, qu’avec l’âge les gens pouvaient changer, mais que pour l’instant c’était un très bon ami pour elle. Ensuite toutes les deux nous avons bien parlé, et ri. Je lui ai raconté que moi-même quand j’avais neuf ans j’aimais bien un garçon de ma classe qui s’appelait Nicolas. Tout le monde savait que je l’aimais parce que je n’arrêtais pas de le regarder. Pour son anniversaire Nicolas avait invité toute la classe sauf moi…ça c’était moins drôle, très triste même.
Ce fut une belle soirée entre femmes. Elle était heureuse, elle m’a fait lire plein de passages de son journal personnel. Qu’est-ce que je l’aime ma grande fille ! Quand nous sommes sorties de sa chambre, Eva a tenu à montrer à son père des choses secrètes de son journal et il a compris qu’elle lui faisait vraiment confiance.
En janvier, le chauffage de notre maison ne fonctionnait pas correctement, et dans notre salon il faisait vraiment froid, moins de 5 degrés celcius (le mois suivant nous avons trouvé le moyen de faire fonctionner notre chauffage un peu mieux), alors le soir les enfants s’enroulaient dans des grosses couvertures.
En février 2011 :
Paul a passé deux semaines dans la montagne pour un entraînement "spécial neige". Il nous a beaucoup manqué, enfin surtout à moi. Je n’aime pas être séparée de lui.
Ces deux semaines sont finalement vite passées et il est revenu fatigué mais satisfait de son séjour en montagne.
Je vous mets deux photos de lui prises ce mois-là :
Les retrouvailles des enfants avec leur père furent pleines de tendresse :
Paul appelle affectueusement notre petite dernière Lynnzilla (en référence à Godzilla un monstre de cinéma japonais ayant l'apparence d'un lézard géant préhistorique qui détruisait tout sur son passage). Lynn a tendance à semer le désordre partout où elle passe, surtout dans la salle de jeux de ses aînés.
En février, Lynn a commencé à bouder. Elle s'éloignait de nous en baissant la tête, le dos courbé (comme si tout le poids du monde reposait sur ses deux épaules) puis elle se trouvait un coin (le plus loin possible de là où nous étions), nous tournait le dos et baissait la tête. Elle restait ainsi dans son coin et n’attendait qu’une chose, c’est que nous allions la chercher, mais nous ne le faisions pas. Alors elle commençait à crier :"Non, non !" Puis elle se mettait à pleurer. Généralement après deux minutes elle revenait d'elle-même nous voir et ne boudait plus. A chaque fois, nous nous retenions pour ne pas rire et pour ne pas la regarder, mais c'était si mignon et si drôle... que parfois nous la regardions du coin de l’œil.
Une autre chose amusante qu'elle faisait, c'est que quand nous lui disions "non" elle se tenait une des oreilles comme si notre "non" lui faisait mal aux oreilles.
Ce mois-là elle a appris à compter en tadjik :"yak, do, sé" (1, 2, 3). A chaque fois qu’Eva, Jérôme et leurs amis voulaient faire des courses je comptais pour eux en tadjik "yak, do, sé" et ils partaient à toute allure. Lynn a compris le jeu et a voulu crier elle-même les nombres. Elle le faisait très bien.
Un matin, alors que je faisais l'école aux enfants, nous avons découvert que Lynn était dans son lit, et comme aucun de nous ne l’y avait mise, nous avons compris qu'elle y était allée toute seule. Nous l'avons ressortie du lit et elle a voulu y entrer à nouveau et nous avons pu admirer sa technique. Je vous laisse la découvrir en photo.
Elle trouvait très amusant de pouvoir se jeter dans son lit, et plusieurs fois par jour nous entendions un "pof" (Lynn qui s'écrasait sur son matelas) et des éclats de rire (elle aimait s'étaler dans son lit), puis nous entendions "maman" (parce qu'elle voulait que je la sorte du lit). A peine sortie du lit, nous entendions à nouveau le "pof" et les rires....c'était sans fin.
A la fin du mois, Lynn avait appris à sortir de son lit toute seule.
Ce qu'elle n'aimait pas c'est que je lui change la couche. Rester allongée sans bouger, ce n'était pas amusant. Je lui donnais toujours un objet à manipuler, mais elle ne tenait en place que 10 secondes. Alors Eva a eu la bonne idée de lui confectionner 3 marionnettes. Je les lui ai plastifiées et Lynn les aime beaucoup. Maintenant lors du changement de couche, elle joue avec ses marionnettes (inspirées du dessin animé de Clémentine, pour ceux qui connaissent il y a Héméra, Clémentine et Hélice le chat) et chante la musique du dessin animé en les remuant dans les airs. Merci Eva !
Elle aimait regarder les oiseaux, qu'elle appellait "cocos". Il y en a toujours aux alentours de notre maison, et ils virevoltent d'un toit à l'autre pour son plus grand plaisir.
Sa nouvelle phrase préférée était :"C'est beau!" Pour elle, ses dessins, ceux de ses aînés, les livres, les aliments, son papa, tout ça "c'est beau".
Elle aimait toujours autant sa grande sœur :
Elle aimait toujours autant jouer avec son grand-frère :
Lynn ne se lassait pas des bisous de son père :
En début du mois, un soir Paul a montré aux enfants comment fabriquer des bombes à eau en papier. Hum...pas sûre que cela soit une très bonne idée, c'est d'ailleurs ce que j'ai dit à Paul, qui m'a répondu confiant: "Pas de soucis, ils n'arriveront pas à en refaire par eux-mêmes."
Le lendemain matin, pendant que je changeais la couche de Lynn, jai entendu un petit garçon triomphant crier: "Oui ! J'ai réussi ! Venez vite voir je vais lancer ma bombe à eau." Jérôme a lancé sa bombe en papier remplie d'eau dans la baignoire sous les yeux ébahis de ses deux sœurs. Puis il a fabriqué une nouvelle bombe, puis encore une autre, et encore une autre...savoir-faire bien transmis mon cher Paul !
En plus des bombes en papier, ce mois-là il a réalisé des avions en papier. Il passait beaucoup de temps à en faire différents modèles (il a un livre sur les avions en papier) et il aimait comparer leurs trajectoires. Lesquels volaient le plus loin, le plus haut, le plus vite, le plus longtemps. J'en avais partout la maison des avions en papier, sous les bureaux, sous les canapés, sur les armoires, derrière les armoires, sous les lits... motre maison était un hangar d'avions abandonnés.
En plus, régulièrement un avion en papier finissait sa trajectoire directement sur ma figure. Jérôme rigolait et disait que j’attirais ses avions.
Il a aussi eu l'idée de fabriquer une sorte de cabine téléphérique pour transporter du haut vers le bas de nos escaliers ses bonhommes en Lego. Pour cela il a utilisé une boîte de mouchoirs vide, un rouleau de papier toilette et deux bandelettes de papier. Il était tout content de son "manège" comme il l'appellait.
Il a également fabriqué de beaux avions en Lego, en voici un :
Un vendredi, il s'était lancé un défi: il voulait faire 1000 allers-retours d'un bout à l'autre de notre grande pièce du haut en une seule journée. Il a commencé avant que l'école ne débute, puis il a noté sur une feuille de papier à quel nombre il s'était arrêté. Après l'école il a recommencé à courir d'un bout à l'autre de la pièce, il a dû faire une pause pour le déjeuner (sans avoir oublié de noter à quel nombre il était d'allers-retours). Après le déjeuner il a recommencé, puis a dû arrêter à nouveau pour la sieste de Lynn car ses pas sur le parquet étaient bien trop bruyants. Après la sieste de sa sœur il a repris sa course, mais à 861 allers-retours, il avait trop mal aux jambes et il a arrêté de lui-même. Il était épuisé. En tout, il a bien dû courir 3 heures dans la même journée. Le lendemain il a terminé ses 1000 allers-retours.
Une photo de lui en train de courir d’un bout à l’autre de notre grande pièce du haut :
En février, lors de la lecture des écritures, quand c'était à Jérôme de lire, à chaque fois qu'il tombait sur un mot invariable (beaucoup, aujourd'hui, bientôt), il s'arrêtait pour me dire tout content : "Ça, c'est un mot invariable!"
Il a de la répartie ce petit, ainsi un jour alors que j'expliquais aux enfants (après les avoir vu encore une fois avec les doigts dans la bouche) que dans leurs bouches ils ne devaient y mettre que ce qui se mangeait ou se buvait et rien d'autre, Jérôme m'a répondu avec un petit sourire coquin: "Et si, on peut aussi mettre une fourchette, et une cuillère!"
Ce mois-là c’était l’anniversaire de leur ami et voisin Djahonguir. Les enfants sous ma supervision lui ont fait un gros gâteau au chocolat, puis ils l’ont décoré avec des bonbons.
Djahonguir a voulu que nos enfants viennent chez lui pour partager le gâteau avec eux, je le leur ai permis. Quand ils sont revenus Jérôme m'a demandé s'il pouvait me dire un secret. J'ai répondu par l'affirmative et voilà ce qu'il m'a dit avec un grand sourire: "J'ai mangé tous les bonbons du gâteau de Djahonguir. Enfin presque tous." Je lui ai demandé s'il en avait laissé un peu pour Djahonguir et il m'a répondu:
"Oui, oui il en a eu...(silence)...un peu...(silence à nouveau) enfin un !" Quel fripon celui-là !
Une photo des enfants qui ont fini de préparer le gâteau et m’aident à « nettoyer » les ustensiles :
Le gâteau d’anniversaire :
Lorsque Paul est revenu de la montagne, il a été très gentil d’y retourner mais cette fois-là en famille. Les enfants étaient tellement heureux de courir, rouler et sauter dans la neige. Jérôme a dit à son pere :"Merci Papa, tu as eu une très bonne idée."
Admirez l’énorme glissement de terrain derrière les enfants :
Une petite photo de famille :
En février, Eva s'est découvert une vraie passion pour le dictionnaire. Tous les jours elle cherchait par elle-même des mots qu'elle connaissait déjà (qui n'a pas cherché dans le dictionnaire des mots tels que "prout, idiot, imbécile, puanteur") et d'autres qu'elle ne comprenait pas comme "ridicule, grotesque". Quand elle lisait et qu'elle ne comprenait pas un mot, elle ne voulait pas que je le lui explique, et cherchait seule dans le dictionnaire la définition! Trop bien, même si parfois elle a toujours un peu besoin de nos lumières, comme un soir lorsque je lui ai demandé si elle savait ce qu'était un banquet et qu'elle m'a répondu : "Oui, c'est quelqu'un qui donne de l'argent". C'est vrai que banquet et banquier sont des mots très similaires, et maintenant elle sait ce que signifient ces deux mots.
Sur cette photo elle lit des définitions dans le dictionnaire pendant que Paul lit un livre à Lynn et Jérôme écoute son père :
Lire pour elle est toujours un vrai plaisir, et elle rêve de pouvoir un jour aller dans une bibliothèque.
Les maths, c'est toute une autre histoire. Un matin elle me disait : "Ça sert à rien les maths !" J'ai réfléchi un peu, je voulais trouver quelque chose qu'elle aimait et qui utilisait des maths. Voici l'échange que nous avons eu toutes les deux:
Moi: "Les maths ça sert tout le temps, tous les jours."
Eva: "Non !"
Moi: "Tu aimes cuisiner n'est-ce pas ?"
Eva: "Oui !"
Moi: "Si je te dis que pour un faire un gâteau il te faut 50 grammes de beurre. Mais tu ne peux pas acheter que 50 grammes de beurre, tu ne peux acheter que des plaquettes de beurre qui font 200 grammes (ici elles font 200 gr). Comment vas-tu faire?"
Eva: "Bah, c'est facile, tu prends le quart."
Moi: "Ça veut dire quoi le quart ?"
Eva: "100 grammes c'est la moitié de 200, après tu coupes encore en deux et ça fait 50 gr, c'est le quart, la moitié de la moitié !"
Moi: "Ça ce sont des maths, et c'est grâce aux maths que tu peux savoir comment couper ton beurre pour en avoir pile 50 gr"
Eva (surprise et souriante): "Ok, on le fait cet exercice de math!"
Je me suis dit intérieurement : "Victoire !"
Un mardi après-midi son ami Djahonguir est revenu du bazar avec ce qu'il pensait être un super jouet qu'il avait acheté pour 5 somonis (moins d'un euro). C'était un lance-pierre, et il s'en servait pour tirer sur des oiseaux. Je n'ai pas du tout aimé son jouet, ni non plus ce qu'il visait avec. J'ai interdit à Eva et Jérôme de jouer avec le lance-pierre. Heureusement, au bout de 3 jours, le papi de Djahonguir a lui aussi trouvé que ce jouet n'était pas très bien (je ne sais pas ce que Djahonguir a visé avec, mais son papi n'avait pas l'air content du tout). L'ami d'Eva devait donc se débarrasser de son nouveau jouet, qui n'était plus vraiment neuf. Un des élastiques se défaisait constamment et c'est Eva qui refaisait plus ou moins bien le noeud. Djahonguir a eu l'idée de revendre son lance-pierre. Il l'a revendu pour le même prix qu'il l'avait acheté à un petit voisin. Il était tout content de récupérer ses 5 somonis pour pouvoir s'acheter autre chose.
Le problème était que le lance-pierre était défectueux. Eva et Jérôme le savaient et ont assisté à la transaction marchande, et n'ont rien dit, ni à leur ami, ni à l'acheteur. Cela a perturbé Eva, et elle a compris que son ami n'avait pas été très honnête. Elle savait également qu'elle aurait dû lui dire que ce n'était pas bien de vendre un jouet cassé sans le dire. Elle s'en voulait de n'avoir pas réagi sur le moment. Le lendemain matin, elle, moi et son frère avons eu une bonne petite discussion sur l'honnêteté.
Fin février, nous sommes allés nous promener à pied en famille et sur le chemin de retour vers la maison nous avons entendu de grands cris. Des cris à fendre l'ame, et plus nous nous approchions de la maison plus les cris étaient forts. C'étaient des cris de femmes. Paul m'a dit :"Ce sont les cris de personnes qui viennent d'apprendre que quelqu'un est mort." En arrivant dans notre rue, nous nous sommes rendu compte que les cris venaient d'une maison adjacente à la notre, et au moment où nous sommes passés devant la maison d'où venaient les cris, le portail s'est ouvert. Les enfants et moi-même avons vu quatre femmes recroquevillées sur le sol, une plus particulièrement soutenue plus ou moins par les 3 autres, toutes pleuraient et criaient. Il y avait des hommes à proximité, eux ne criaient pas, mais ils pleuraient. Ils ont ouvert leur portail pour que leurs voisins et amis viennent les accompagner dans leur douleur.
C'étaient des réels cris de douleur, de vraies lamentations. Les voisins venaient de partout pour se joindre à eux.
Eva et Jérôme ont été très choqués, et attristés. Ils connaissaient une des filles habitant dans cette maison, et ils n'avaient jamais entendu des pleurs et des cris si vrais et si forts. Avec Paul nous leur avons parlé de la mort, nous avons répondu à leurs questions. Nous leur avons rappelé que la mort faisait partie de la vie, qu'elle était douloureuse, mais que c'était naturel de mourir.
Les petits ont eu tellement mal au coeur, que vers les 22h, alors qu'ils étaient couchés depuis plus d'une heure, ils sont ressortis de leur chambre pour venir nous dire (à Paul et moi) qu'ils voulaient jeûner demain pour nos voisins, pour qu'ils soient moins tristes.
Le lendemain, Eva et Jérôme ont pris leur petit déjeuner, mais à midi ils n'ont rien mangé. Ils voulaient jeûner jusqu'au soir. Eva a tenu le coup et a jeûné jusqu'à l'heure du dîner, même si c'était difficile. Mais elle m'a dit : "Dans ma prière j'ai dit que je jeûnerai jusqu'au soir, pour que Dieu aide les voisins à être moins triste, à avoir la paix dans leurs coeurs." Jérôme a réussi à tenir jusqu'à 16h, ensuite n’en pouvant plus il a pris un goûter.
Un dimanche soir de février, Eva m'a déposé un petit mot sur mon oreiller que j'ai découvert en me couchant. Voici son petit mot recopié avec les fautes, mais j'ai rajouté la ponctuation: "Chère maman, j'ai très honte de te dire ça, mais quesque tu veux je commence à aimais les trucs de fille ! Comme les poupées Barbie et les trucs comme ça, mais j'aime les playmobille !"
Le lendemain matin, je lui ai montré son petit mot, et je lui ai dit qu'il n'y avait aucune honte à aimer les jouets de fille. Elle a le droit de changer en grandissant. Elle m'a alors avouée avec un grand soulagement qu'elle aimerait beaucoup avoir une jolie poupée pour ses neuf ans.
C'est attendrissant de la voir grandir et rêver d'être une maman.
Photo d’elle et son unique Barbie reçue lors du dernier Noël :
Ce mois-là j’ai entrepris l’écriture d’un livre pour offrir à Eva le jour de son anniversaire. Je cherchais depuis plusieurs jours un livre (sur internet) que je pourrais offrir à Eva, un livre de son niveau, avec un sujet qui lui plairait, et en feuilletant (sur internet il est possible de lire les premières pages d'un livre pour donner envie de l'acheter) les livres pour enfants de son âge j’étais déçue par le vocabulaire "jeune" employé pour plaire aux enfants.
J'ai alors eu l'idée de moi-même lui écrire une histoire. J’y ai mis tout ce qui pouvait plaire à Eva. J’écrivais à peu près 2 à 3 pages par soir. A la fin, mon mini-livre faisait une centaine de pages. Ce fut un travail bien long et pas si simple, mais au moins mes soirées de célibataire géographique (quand Paul était à la montagne) étaient bien remplies.
En mars 2011:
Du premier au huit mars, Paul est allé en France. L'OSCE lui paye 2 voyages par an jusque chez lui, et ces voyages s'ils ne sont pas utilisés sont juste perdus. Le 15 mars, cela faisait deux ans que Paul travaillait au Tadjikistan, et il avait donc un voyage payé qui périmait à cette date-là. Paul, avec mon accord et celui des enfants, avait décidé de l'utiliser.
Il est revenu de la France chargé au maximun de plein d’affaires pour nous, et notamment d’une poupée pour l’anniversaire d’Eva. Merci à vous tous pour vos gentilles cartes et petits cadeaux transmis à travers Paul. Je sais que je ne vous ai pas remercié individuellement et je m’en excuse, mais sachez que tout a été très apprécié.
Photo des retrouvailles du 8 mars, Lynn ne voulait plus lâcher son père. Eva et Jérôme étaient très heureux de revoir leur père et lui disaient : « Papa, tu sens bon la France. » Effectivement, Paul avait une odeur qui rappelait la France, c’était l’odeur de la lessive de Juliette (sa mère).
Au début du mois, il a beaucoup neigé et les enfants ont pris plaisir à jouer avec. Lynn n'arrêtait pas de dire en touchant la neige: "C'est chaud!" et elle la lâchait aussitôt.
L'autre jeu qu'elle appréciait drôlement c'était de mettre au lit ses jouets. Elle prenait sa poupée, son nounours, son hibou en peluche et les mettait dans son lit puis les recouvrait d'une petite couverture en laissant bien leurs têtes dépasser (cela lui demandait un certain temps pour bien placer la couverture sur chaque jouet). Puis elle leur disait à voix basse :"Chut, dodo! Chut, dodo!"
Le dimanche 20 mars 2011 est une date importante dans ma vie et celle de Lynn. C’est le jour où Lynn à 21 mois et une semaine a tété pour la dernière fois. J'avais réussi à réduire les tétées, mais ces derniers temps elle tétait à nouveau 8 fois par jour, 4 par nuit. En plus, en tétant elle me torturait en me pinçant le nombril, et si je l'en empêchais avec ma main, c'est ma main qu'elle pinçait.
Alors, j’ai pris la décision d’arrêter complètement. Cela a été très difficile surtout pour le moment de la sieste. Elle avait l'habitude de s'endormir en tétant, mais là, pas de sein. Elle était folle de rage, alors je l'ai promenée en poussette, et finalement après 30 minutes de cris et de pleurs elle s'est endormie en tétant son manteau.
C'était dur pour moi de la laisser pleurer, de ne pas lui donner le sein, mais je savais que c'était le moment pour elle comme pour moi. C'était d'autant plus difficile parce que je sais que Lynn est ma dernière et que par conséquent je n'allaiterai plus jamais.
Quand elle dormait paisiblement dans sa poussette, le manteau dans sa bouche, j'ai pleuré. J’étais seule sur un vieux parking abandonné (j'attendais qu'Eva et Jérôme finissent leur classe de Taekwondo), et je regardais mon bébé devenu grand. Une nouvelle page de ma vie de mère a été tournée. C'est beau quand les enfants grandissent, mais c'est triste aussi.
Les jours suivants furent délicats. Quand elle me réclamait le sein, je lui disais avec plein d'enthousiasme : "Non, maintenant tu es une grande fille, tu n'as plus besoin du titi." Elle me répondait avec un sourire charmeur : "Titi encore."
Mais avec l'aide dPaul, Eva et Jérôme, nous sommes arrivés à la distraire lorsqu'elle voulait téter. Je lui donnais également à boire et à manger lorsqu’elle voulait le sein. Elle dévorait les repas (parfois avec deux cuillères) et entre les repas elle mangeait encore, une pomme, une banane, du pain ou une clémentine.
Quand je ne lui donnais rien, elle se servait elle-même. Ainsi, j'ai découvert plusieurs pommes rongées par ses petites dents parmi mes autres pommes intactes.
Un soir, une demi-heure avant le diner, Lynn voulait encore manger quelque chose, mais je lui ai dit qu'elle devait attendre un peu. Elle m'a alors prise par la main, m'a amenée dans le salon, et m'a dit : "Maman, là!" Puis elle est repartie. Je l'ai suivie (en cachette) pour voir ce qu'elle allait faire. Elle est allée dans la cuisine, et a fermé la porte de la cuisine. Alors j'ai entrouvert la porte et je l'ai vue en train de manger une pomme. A ce moment-là elle m'a vue et a crié :" Non, Maman là-bas!" Et elle me montrait le couloir pour que je sorte. Quelle chipie!
Avec l’allaitement terminé, Lynn a commencé à faire des nuits complètes. Un vrai bonheur pour moi! En revanche, désormais elle se lève tôt, et pas moyen de faire prolonger un peu mon sommeil en la prenant dans notre lit. A 5h du matin, 6h00 si j'ai de la chance, Lynn commence sa journée pleine d'energie.
e fais de mon mieux pour la tenir silencieuse pour les autres. Ensemble nous allons sur les rebords des fenêtres de sa chambre et pendant 30 minutes nous regardons tous les "cocos" (oiseaux) et les "vovo" (chiens), puis nous lisons des livres. Enfin nous jouons un peu, mais vers 7h30, elle ne tient plus et commence à crier haut et fort: "A table". Alors nous descendons toutes les deux préparer le petit déjeuner.
Elle aime manger avec tout le monde, alors elle crie "à table", jusqu'à ce que tout le monde nous rejoigne en bas.
Heureusement nous l'aimons tous très fort, alors être réveillés par elle, même si ce n'est pas toujours à l'heure que l'on souhaiterait, est tout de même agréable.
Moi, j’aime bien nos petits moments matinaux. Je l’écoute, la regarde et la dévore de bisous car elle est si mignone avec toutes ses différentes expressions du visage. A son âge, tout est beau, surprenant et intéressant.
Ce mois-là, dans notre cour, les enfants ont trouvé plein de coccinelles. Alors ils se sont amusés à les ramasser et leur ont fabriqué un petit enclos avec des vieux bouts de planches. Ils étaient ravis et Lynn étaient complètement subjuguée. Jérôme me demandait pourquoi toutes ces coccinelles étaient là, il me disait : « Tu crois qu’elles se sont données rendez-vous ? » Moi : « Peut-être qu’il y a un mariage et toutes ces coccinelles sont des invités » Eva : « Non, c’est peut-être un enterrement. » Jérôme : « Ou un baptême ». Nous nous sommes amusés à inventer plein d’histoires sur ces coccinelles, et dès le lendemain elles n’étaient plus là.
Et là c’est la tête qu’elle a faite quand elle en a écrasée une par mégarde :
Une dernière photo de Lynn, qui marche seule, ma petite dernière devenue grande !
En mars Jérôme était extrèmement content d'avoir enfin une petite dent de lait du bas qui commençait à bouger. Il en rêvait depuis que sa sœur avait elle-même perdu sa première dent. Il la touchait un million de fois par jour avec ses doigts (pas toujours propres) et sa langue, mais à sa grande déception, elle ne bougeait pas tellement plus.
Jérôme a reçu un rubicube de sa Tatie Beauté. Il passait une bonne heure par jour à faire et défaire les faces de différentes couleurs. Il nous montrait son cube tout content à chaque fois qu’il avait réussi à faire une face entière de la même couleur. Je le felicitais à chaque fois et il me répondait : « Tu sais, ce n’est pas si difficile, mais bon c’est un peu dur quand même. » Il aimait que je rajoute que moi-même, je n’avais jamais réussi à faire une seule face.
Lorsque Paul est allé en France, Tatie Beauté lui avait transmis des petites surprises à offrir aux enfants par l’intermédiaire d’Estelle qui était allée à Shanghai quelques semaines plutôt. Ils ont beaucoup aimé les petits jouets qu’elle leur a offerts, surtout la tête de vache (pour Eva) et une tomate (pour Jérôme) qui se jettent sur le sol, s’écrasent, mais reprennent leurs formes initiales presque aussitôt.
Eva et sa tête de vache :
Tête de vache écrasée :
Tomate de Jérôme :
C’est un peu collant comme matière, et les petits ont pris plaisir à les lancer partout. Puis Jérôme a eu l’idée de lancer sa tomate du haut des escaliers. Il a demandé à son père s’il pouvait le faire sans que sa tomate ne se casse. Paul lui a répondu qu’il pensait que sa tomate tiendrait le coup. Alors tout content, Jérôme est allé lancer sa tomate du haut de nos escaliers jusqu’en bas, mais en atterissant la tomate s’est percée. Cela a été le grand drame. Jérôme était très fâché contre son père qui lui avait dit que sa tomate ne risquait rien. Il y a eu des pleurs et beaucoup de lamentations. Lynn ne savait pas quoi faire pour consoler Jérôme. Eva était prête à partager sa tête de vache pour eux deux, mais Jérôme était inconsolable. Encore aujourd’hui, lorsqu’il repense à sa tomate, il a les larmes qui remontent aux yeux.
Jérôme a continué de nous fabriquer plein de trucs et de machins.
Sur cette photo il a fait un bâteau cargo, les Legos noirs représentent la fumée :
Sur celle-ci c’est un avion :
Ce mois-là, Paul lui a coupé les cheveux (d’habitude c’est moi la coiffeuse). Lorsque je l’ai vu avec sa nouvelle coupe, je lui ai dit : « Jérôme tu es beau avec les cheveux courts, ça fait ressortir tes yeux. »
Il a réfléchi un peu, et m’a répondu : « Mais je n’ai pas les yeux qui tombent de ma tête ! »
Je l’ai rassuré en lui expliquant que ce n’était qu’une expression et que ses yeux étaient toujours à la bonne place.
Ce soir-là nous avons eu notre Soirée familiale et pour leur expliquer un principe, Paul leur a appris ce qu’était un bras de fer. Nos deux grands ont bien apprécié cette activité.
Au cours de la même semaine Paul leur a ramené de montagne un crâne animal, nos deux grands étaient ravis.
Quant à moi, ce mois-là je leur ai appris à faire des crêpes :
Ils grandissent vite nos enfants et ils ont la chance d’avoir un père et une mère qui sont là pour leur apprendre plein de choses différentes.
Souvent, je ne réalise qu’ils grandissent que quand leurs habits et leurs chaussusres deviennent trop petits. Tous les 6 mois, il faut racheter de nouveaux souliers. Alors nous prenons notre courage à deux mains et affrontons les Bazars à la recherche de paires de chaussures à la pointure de nos enfants. Peu importe la couleur, il nous faut juste trouver des chaussures qui leur vont et ne leur font pas mal et croyez-moi ce n’est pas une chose facile ! Chaque vendeur de chaussures n’a que très peu de modèles et de pointures à offrir, et celui d’à côté ce n’est pas mieux.
Au mois de mars nous avons célébré l’anniversaire d’Eva. Le jeudi 10 mars, la veille de son anniversaire (pour éviter que le restaurant ne soit trop plein, ce qui est toujours le cas les vendredis et samedis soirs), nous sommes allés dîner dans son restaurant préféré.
Elle était contente et a trouvé sympa que nous sortions dîner la veille de son anniversaire, elle m’a dit : « C’est comme pour Noël. Le bon repas c’est la veille de Noël. »
Le lendemain Paul travaillait, alors pour qu’il soit présent à l’ouverture des cadeaux, nous nous sommes levés un peu plus tôt que d’habitude. J’avais préparé la veille, avec l’aide de Paul, une sorte de tente (avec la moustiquaire du lit de Lynn, une corde, des coussins, un drap et des pinces à linge) en forme de bulle transparente. Héméra, la fée du dessin animé Clémentine, apparait toujours dans une grosse bulle transparente. Eva aime Héméra, donc c’était le thème que j’avais choisi pour ses 9 ans. Dans cette bulle/tente j’y avais disposé toutes ses surprises.
Eva y a passé des heures à lire et jouer avec ses nouveaux trésors.
Un de ses cadeaux préférés était le maginifique costume d’Héméra cousu sur mesure par sa Mamie Juliette (la mère de Paul) :
Elle a également beaucoup aimé mon livre. Elle m’a dit que c’était un de ses livres préférés et elle a hâte de lire la suite. Je vais tenter de la lui écrire pour Noël. Le livre que je lui ai écrit est le journal personnel d’Hévéra une petite extraterrestre de 9 ans, venue vivre sur Terre pendant un an. Elle est en tout point semblable à une terrienne, sauf qu’elle peut se transformer en animal. Sur Terre elle découvrira ce qu’est l’amitié et affrontera plein d’aventures où son pouvoir de transformation lui sera très utile.
C’est une histoire amusante pleine de suspens et qui apprend que notre planète doit être protégée.
Ce fameux vendredi 11 mars, le jour d’anniversaire d’Eva, nous devions aller faire des petites courses à pieds, pour acheter les ingrédients nécessaires pour faire le gâteau d’anniversaire qu’Eva avait choisi ainsi que son repas préféré. Donc après le petit-déjeuner, j’ai demandé aux enfants de s’habiller pour que nous puissions sortir faire nos petites courses. Alors que nous étions en train de nous changer, nous avons entendu un mouton bêler sous nos fenêtres. Les enfants ont couru à nos fenêtres et ont vu un mouton dans notre jardin. Ils étaient tout contents, et ils voulaient descendre le caresser. Puis Eva m’a demandé : « Maman, pourquoi notre propriétaire et son fils attachent les pattes du mouton ? Pourquoi ils le couchent par terre ? »
Là, ça a fait « tilt » dans ma tête, et j’ai crié aux enfants de s’éloigner des fenêtres et d’arrêter de regarder. Je suis allée voir ce qui se passait, et notre propriétaire et son fils avaient sorti des gros couteaux et s’apprêtaient à tuer ce mouton dans notre jardin, sous nos fenêtres, le jour d’anniversaire d’Eva qui aime les animaux et rêve d’être une fermière plus tard !
Pour célébrer les 40 jours de son nouveau petit-fils, le propriétaire allait recevoir des amis et de la famille, et c’est la tradition de tuer et manger un mouton. Je ne pouvais rien faire, ni dire pour empêcher ce qui était normal pour eux.
J’ai dit aux enfants qui voulaient absolument voir ce qui se passait : « Ne venez pas voir, ils vont tuer le mouton. »
Eva pleurait, criait, elle était dans tous ses états. Elle me suppliait d’empêcher ce massacre ! Elle me disait : « Maman, en plus c’est mon anniversaire. Ils ne peuvent pas tuer ce pauvre mouton aujourd’hui !!! Maman tu dois aller sauver ce mouton ! Je ne leur parlerai plus jamais, ils sont horribles ! »
Je lui ai expliqué pourquoi ils le faisaient, et que la viande qu’elle avait mangée avidement hier soir venait elle aussi d’un animal qui avait été tué. Mais elle pleurait à gros sanglots, c’était le gros drame.
Elle disait : «C’est le pire anniversaire de toute ma vie ! » Jérôme a pleuré de voir sa sœur si triste, Lynn aussi était triste sans savoir pourquoi. J’ai appelé Paul au travail, qui à travers le téléphone a tenté de consoler / raisonner Eva.
Quand même, nous n’avons pas eu de chance que nos voisins tuent un mouton, ce matin-là, à cet endroit-là. Il fallait vraiment vivre ici pour que cela nous arrive.
Le vendredi soir à 23h, Eva est ressortie de sa chambre en larmes, parce qu’elle pensait encore à ce pauvre mouton. Samedi soir aussi, elle a pleuré de nouveau. Maintenant ça va mieux, mais elle a quand même mal au cœur quand elle y pense.
Ce vendredi matin, avec le mouton sans tête et vidé de son sang dans notre cour, j’hésitais à sortir faire des courses. Mais si je ne sortais pas, il n’y aurait rien à manger pour le dîner d’anniversaire, mon frigo était complètement vide. Déjà qu’Eva n’était pas très heureuse ce matin d’anniversaire, si en plus elle n’avait ni gâteau ni dîner…ce serait vraiment le pire anniversaire de toute sa vie. Alors, finalement, après avoir parlé aux enfants, ils ont dit qu’ils voulaient voir le mouton (même s’il n’avait plus de tête, je les avais prévenus), et nous sommes sortis.
Lynn a eu plus peur que les deux autres, elle ne m’a pas lâchée la main. Comme le mouton était déjà mort, et qu’il n’y avait plus rien à faire pour le sauver, Eva n’a pas paniqué, ni crié. Elle était calme et plutôt curieuse de voir ce qui se passait. Jérôme regardait tout ce que faisait le propriétaire et son fils qui détachaient la peau du corps, sortaient les entrailles, etc. Jérôme a regardé la tête du mouton et m’a dit impassible : « Il est mort les yeux ouverts. »
Attention, âmes sensibles s’abstenir, photo du mouton mort dans notre cour :
Maintenant quand nos enfants voient la viande dans les magasins, ils savent d’où elle vient.
Le reste de la journée d’anniversaire s’est bien passé. Les enfants se sont amusés avec leurs voisins et amis Djahonguir et sa sœur Nisso.
Lorsque Paul est rentré du travail il s’est joint à leurs jeux, pour le plus grand bonheur de tous.
Eva est vraiment serviable. Ce mois-là, elle s’est occupée à plusieurs reprises de sa sœur certains matins où je ne me sentais pas très bien pour que je puisse me reposer un peu plus. Elle a lavé, séché et habillé sa petite sœur pour moi. Elle a également préparé tout un dîner toute seule avec son nouveau livre de recettes reçu pour ses 9 neuf ans. Elle nous avait fait deux excellentes quiches sans pâtes et de la bonne salade.
Eva aime passer tout son temps dehors avec son ami Djahonguir, qui pour son anniversaire lui avait offert une fleur avec un autocollant disant "I love you". Elle était ravie, moi, beaucoup moins. J'ai eu une petite discussion avec elle sur le fait qu’à neuf ans, elle pouvait avoir un ami, mais pas un amoureux. Ce petit Djahonguir grandit dans un pays où les enfants sont promis à des cousins ou des cousines éloignés depuis leur plus jeune âge. Lui, a jeté son dévolu sur Eva. Il lui dit que quand il sera son mari, il ne la laissera pas balayer le sol toute seule, il l'aidera. Ici les hommes n’aident jamais les femmes dans leurs tâches ménagères. Ils se font servir jusqu’aux bouts des ongles, c’est le cas de le dire parce que leurs femmes leur coupent même les ongles de pieds.
Djahonguir lui offre constamment des petits cadeaux (jolis cailloux, un savon parfumé, des fleurs) et veut lui faire des bisous, ce que j'ai interdit depuis longtemps. C'est un avis personnel certes, mais je pense qu'à leurs âges ce n'est pas bon de penser à tout cela. J'ai dit à Eva que j'étais très heureuse qu'elle ait un ami, mais qu'il fallait qu'il comprenne qu'il n'était que son ami. Alors maintenant, quand il lui parle mariage, elle lui dit qu'elle veut juste jouer, qu'elle est trop jeune pour penser au mariage, mais qu'elle veut juste être son amie.
J’aime qu’elle vive sa jeunesse pleinement, elle est à un âge où l’on aime faire des bulles de savon avec les mains dans son bain, pas celui où l’on pense au mariage et au partage des tâches ménagères.
A son âge, comme à celui de son frère et de sa petite sœur, on s’amuse comme des petits fous sur des aires de jeux.
Je suis contente d'avoir une relation bien ouverte avec notre aînée, elle me parle, et me raconte beaucoup de choses. Parfois, elle m'en dit un peu plus que ce que je souhaiterais savoir, comme lorsqu'un soir du mois de mars, alors que je la mettais au lit, elle m'a dit: "J'aime bien quand je rote parce que j'ai le goût de la banane qui remonte dans ma bouche et j'aime ça !" Je lui avais fait pour dîner un dessert à la banane qu'elle avait particulièrement apprécié.
Ce mois de mars, j’ai finalement compris pourquoi tous les soirs, quand je mettais les enfants au lit, en refermant leur porte, je les entendais claquer leurs langues. Ils m'ont expliqué qu'ils claquaient leurs langues pour dire à l'autre qu'il ou elle allait commencer sa prière personnelle. Une fois la prière finie, ils claquaient à nouveau leur langue, pour signaler à l'autre qu'il ou elle avait fini. Ainsi, ils ne faisaient pas de bruit, ou ne parlaient pas pendant que l'autre faisait sa prière.
Le 20 mars nous avons fêté Norouz/Navrouz (nouvel an perse). Ici c'est une très grande fête, les enfants locaux ont deux semaines de vacances pour célébrer Norouz et les adultes ont une semaine de congés. C'est LA grande fête de l'année. Celle où tout le monde visite tout le monde et s'offre de beaux cadeaux.
Norouz est la fête traditionnelle perse célébrant le nouvel an du calendrier perse (premier jour du printemps). Le mot vient de l'avestique nava=nouveau + rəzaŋh=jour/lumière signifiant "nouveau jour/lumière" et qui a toujours le même sens en persan (no=nouveau + rouz=jour signifiant "nouveau jour").
Norouz est célébré depuis au moins 3000 ans et est profondément enraciné parmi les rituels et les traditions du zoroastrisme.
C’était interessant de vivre Norouz ici. Je vous mets quelques photos.
Quelques objets artisanaux :
Un mouton bien cuit :
La table des Haft Sîn (هفت سین) -les sept 'S', sept objets dont le nom commence par la lettre S ou "sîn" (س) de l’alphabet persan. Ce sont sept objets spécifiques correspondant aux sept créations et aux sept immortels les protégeant :
Un joli pain tadjik :
Des sucreries :
Eva et Jérôme devant un tapchan, une sorte de lit réhaussé où les gens mangent à moitié allongé :
Finalement une de Paul et des enfants devant l’assiette traditionnelle de pousses de germes de blé symbolisant la renaissance :
En avril 2011:
Au début du mois, Paul nous a ramené des montagnes trois jolies petites tortues. Nous les avons gardées une journée, mais notre jardin n'a pas de pelouse et il y a le chien des voisins qui n'aime pas ou aime trop les tortues. Alors pour leur bien-être, Paul les a ramenées le surlendemain dans leur milieu naturel.
Eva voulait absolument garder les tortues, mais au bout d'une journée à s'occuper d'elles, à chasser continuellement le chien pour qu’il ne les morde pas, à ne pas pouvoir les quitter des yeux (pourtant elle les a toutes perdues, mais heureusement deux heures après elle les a retrouvées) m'a dit: "Tu as raison maman, les tortues seront plus heureuses dans la montagne, Papa peut les ramener demain."
C'était la première fois que Lynn voyait des tortues. Au début elle croyait que c'était un joli caillou que son père lui offrait. Alors elle a pris sa toute petite tortue dans les mains et presque aussitôt l'a relachée en criant parce que la tortue l'avait griffée avec ses pattes. Lynn a couru se réfugier derrière son père, c'était trop mignon. Petit à petit, en voyant ses aînés si heureux de regarder bouger leurs tortues, Lynn est sortie de derrière Paul et a commencé à regarder attentivement sa tortue. Elle n'arrêtait pas de dire "totu" en la montrant du doigt. Finalement Lynn a autant apprécié sa tortue qu'Eva et Jérôme ont apprécié les leurs.
Même si nous ne les avons gardé que deux nuits et un jour, nous étions heureux de les avoir avec nous.
Lynn aimait toujours autant jouer à cache-cache. Plusieurs fois par jour je l'entendais crier: "Il est où ?", cela voulait dire qu'elle s'était cachée et que je devais la trouver. Tout le temps que je la cherchais aux mauvais endroits, elle criait de plus en plus fort : "Il est où ?" Elle rigolait jusqu’à ce que je finisse par la trouver.
Une photo d’elle câchée derrière une porte :
Quand Paul rentrait du travail, Lynn lui amenait ses chaussons et les lui mettait avec amour à chacun de ses pieds. Quand son père se réveillait, elle voulait également lui mettre ses chaussons et plus d'une fois elle les lui a enfilés alors qu'il était toujours couché dans notre lit.
Une fois debout, elle insistait pour avoir son câlin du matin.
Lors des repas, elle surveillait tout ce que mangeait son père. Elle partageait avec lui ce qu'elle préférait, comme une olive à moitié mangée (elle raffole des olives vertes), une moitié de yaourt, du fromage mâché, du pain mouillé. Elle vérifiait bien que son père avalait chaque chose qu'elle lui offrait. C'était un peu agaçant pour Paul qui parfois aimerait manger tranquille, mais comme il me l'a dit lui-même: "Il faut que j'en profite tant que ça dure."
A force de grimper dessus, Lynn a cassé son lit. Elle était toute triste.
Nous lui avons acheté un lit "de voyage" parce que c'était le moins dangereux sans visses sortant de partout ou de barreaux à travers lesquels la petite pourrait passer ou se coincer une jambe. On verra bien combien de temps ce lit durera, parce qu'avec ses acrobaties je ne suis pas sûre qu'il fasse long feu. En tout cas elle l'aime beaucoup, surtout la girafe dessinée dessus.
Lynn participe à toutes nos activités. Elle veut tout faire comme ses aînés.
Là elle lit un des livres de sciences :
Elle écoute nos leçons :
Elle veut s’asseoir sur les toilettes comme une grande :
Quand Jérôme et Eva font des abdominaux lors de leur classe de Taekwondo, elle fait comme eux :
Elle aimait toujours nos promenades au Jardin Botanique. Pendant que les plus grands grimpaient aux arbres, Lynn escaladait les sculputres animales.
Lynn a commencé à parler de mieux en mieux. Ses livres étaient toujours une partie intégrante de sa vie. Ce mois-là, son livre préféré était le livre de requins de son frère. Elle appellait les requins: "lolos". Les images effrayantes de requins avec leurs gueules béantes et leurs dents tranchantes n'effrayaient pas du tout Lynn qui pointait gaiement chaque photo en disant "lolo". Jérôme a un nounours requin avec lequel elle aime jouer. Alors elle allait voir son frère et lui disait "lolo" et il savait ce que cela voulait dire, alors il lui prêtait sa peluche préférée (parfois à contrecœur, mais il le faisait quand même).
Le soir, Lynn nous aide à coucher ses aînés, car il est hors de question qu’elle se mette au lit si elle sait que personne d’autre qu’elle ne dort. Alors Lynn nous aide à mettre au lit Eva et Jérôme, qui rallument leur lumiere dès que leur petite sœur ne peut plus les voir et veillent une heure de plus. Quand nous couchons Eva et Jérôme, Lynn est toujours très attentive que tous les nounours de son frère et de sa sœur sont bien à leurs places aux côtés de leurs propriétaires. "Lolo" est avec Jérôme, "Lion et Bébé" avec Eva et tout le monde doit avoir sa petite couverture sur soi.
Lynn en pyjama juste avant d’aller dormir :
En avril nous avons bien sûr célébré la résurection de Jésus-Christ. Les enfants étaient assez âgés pour comprendre pourquoi nous fêtions Pâques. Nous avons eu de belles soirées édifiantes, et il y a eu la fameuse « chasse à l’œuf ». Les enfants avaient fabriqués des petits paniers à l’aide de boîtes de céréales.
Eva et Jérôme ont rempli leurs paniers pendant la sieste de Lynn. A son réveil, elle aussi a cherché son seul et unique bonbon (à son âge c'était bien suffisant). Elle était très contente et entre temps, les plus grands avaient cachés leurs sucreries pour qu'elle ne les leur réclame pas.
Lynn aime le sucre, surtout le chocolat, alors je limite au maximum les tentations. A l'heure du goûter je prépare souvent aux enfants une pomme avec un carré de chocolat. J'apporte à chacun sa pomme et son carré dans un petit bol. Lynn mange toutjours le chocolat en premier puis sa pomme. Mais les deux grands aiment garder le meilleur pour la fin, et mangent la pomme d'abord. Plusieurs fois, Lynn a profité d'une seconde d'inattention de ses aînés pour manger leur chocolat! C'est toujours le gros drame quand Jérôme et Eva finissent leurs pommes et découvrent qu'une fois encore Lynn leur a mangé leur chocolat.
Les enfants avec leurs paniers garnis :
En avril, Jérôme nous a encore construit de belles choses avec ses Legos.
Voici deux photos de ses créations, une éolienne et un avion très très grand !
Ce mois-là il a appris à lire l'heure, et même s’il n'aimait toujours pas trop écrire il faisait des efforts.
Un soir alors que je lui souhaitais une bonne nuit de sommeil, il m'a dit, avec les yeux plein de compassion: "Ma pauvre maman, tu n'as pas de chance. Elodie ça rime avec pipi, guili (pour nous c'est le nom de la partie sacrée de la femme) et titi !"
Moi, faisant mine d'être triste: "Ah oui, je n'ai pas de chance!"
Jérôme, avec un sourire : "Mais ne t'inquiète pas! Ça rime aussi avec jolie et ma chérie!"
J'ai commencé à rire et lui ai demandé si Jérôme c'était mieux comme prénom, et il m'a répondu: "Ah, oui, c'est mieux. Jérôme ça rime avec pomme, fantôme et homme."
Moi: "C'est vrai que c'est mieux comme rimes."
Lui: "Oui, mais pauvre Eva. Eva ça rime avec caca !"
Moi: "Ça rime aussi avec chocolat!"
Lui, tout content et les yeux brillants de bonheur: "Oh chocolat ! Ça c'est bien."
Il aimait toujours autant nos leçons d’histoire, même si parfois il recréait des événements, comme lorsque nous avons parlé de Christophe Colomb, et que j'ai demandé aux enfants: "Christophe Colomb est celui qui a découvert l'A..."
Jérôme a complété en disant tout content: "Il a découvert la météorite !"
Moi: "Non, l'Amérique."
Jérôme pas décontenancé: "Ça aurait pu être une météorite!"
Les beaux jours étant là, Jérôme s’est amusé à faire ses fameuses bombes à eau :
Un autre jour il a fabriqué un petit bateau avec du papier, un bout de pain et un morceau de bois, il l’a jeté dans le canal et s’est amusé à le suivre des yeux :
Un matin pendant nos réunions du dimanche, Paul parlait aux enfants des choses qui ne sont pas visibles mais qui existent tout de même, tel que l'air. Puis il leur a demandé: "Est-ce que en ce moment vous voyez des étoiles ?"
Jérôme : "Oui j'en vois une! Je vois le soleil."
Paul était tout penaud et très amusé parce qu'il l'avait oublié cette grosse étoile visible en plein jour et a simplement dit: "Oui, c'est vrai, on voit le soleil." Intelligent ce petit !
Un autre jour Eva s'était enfermée dans les toilettes du bas pour faire "un secret". Elle avait pris un crayon et une feuille de papier et elle ne voulait dire à personne "son secret". Jérôme devenait fou, il voulait absolument savoir ce qu'était le secret de sa sœur. Il voulait que soit Paul soit moi-même la forcions à nous le montrer. Mais nous ne sommes pas intervenus. Finalement, exaspéré Jérôme m'a dit: "Maman, Eva est en train de faire une grosse bêtise dans la salle de bain, il faut qu'elle sorte !" Sur ce, Paul a dit d'un ton ironique: "Une grosse bêtise, avec du papier et un crayon ! Vraiment ?" Jérôme était dégouté que son plan n’ait pas fonctionné ; puis son père lui a donné une idée, celle de faire lui-même "un secret" que personne d’autre que lui ne pourait voir. Jérôme tout content, a pris une feuille de papier et un crayon, et a realisé un « secret très secret» qu'il ne pourrait « jamais montrer à personne ».
Le soir-même, Eva et Jérôme se sont montrés leurs secrets ! Des dessins et des plans…secrets.
Les enfants ont pris l'habitude que tous les dimanches soirs je raconte nos semaines par email. Les lundis matins, je leur lis ce que j’ai écrit à la famille.
Un mercredi matin, Jérôme m'a dit: "Maman, dans l'email de la semaine, il faudra que tu mettes que Jérôme vous donne un conseil. Quand vous éternuez, ne gardez pas votre verre dans la main, sinon vous aurez du jus de pommes jusque dans votre manche."
J’ai trouvé son conseil si mignon que je vous le transmets aussi.
La dent de lait de Jérôme bougeait de plus en plus. Il avait hâte de la faire tomber, surtout que sa sœur avait dépensé tout son argent économisé de la perte de ses dents pour s'acheter des petites sucreries (elle les a partagées avec lui) et des petits jouets. Eva avait laissé tomber son rêve de se construire une ferme avec cet argent. Maintenant elle veut être une créatrice de Playmobils.
Il espérait que ce mois-ci, sa première dent tomberait enfin. Il fut déçu.
Ce que Jérôme et Eva aiment faire, c’est jouer dans notre cour avec les voisins.
La cour étant en ciment, les chutes ne pardonnent pas. En avril, en l’espace d’une petite semaine, Jérôme s’était fait une égratignure au pied, un gros bleu sur le devant de la jambe gauche et une belle écorchure sur le torse. Cette dernière il l'avait faite en sautant des escaliers. Quand il est tombé, Eva s'est tout de suite inquietée de savoir s'il allait bien. Il lui a répondu: "Oui, oui, ca va." J'étais dans la cuisine (qui a des fenêtres donnant directement sur le jardin) et j'ai entendu au son de sa voix qu'en fait ça n'allait pas. Quelques secondes plus tard, Jérôme a débarqué dans ma cuisine, et je l'ai regardé. Il s'est alors mis à pleurer, et est venu se blottir dans mes bras et m'a dit qu'il s'était fait très mal! Puis ensemble on a regardé l'état des dégats, rien de bien grave, mais douloureux quand même. Il n'arrêtait pas de pleurer, mais quand je lui ai dit: "On fait une photo pour Samuel et Adam (ses jeunes cousins), ils seront trop impresionnés par ta blessure", il a retrouvé le sourire et a soulevé son tee-shirt pour la photo ci-dessous.
Puis après la photo, il a séché ses dernières larmes, et m'a demandé: "Maman cela se voit que j'ai pleuré?" Je lui ai dit: "Un peu, mais pas trop."
Il est reparti jouer avec ses copains. J'étais triste qu'il se soit fait mal, mais en même temps j'aime être là quand il a besoin de moi pour pleurer, être consolé, retrouver le sourire, puis repartir comme un brave "comme si de rien n'était" voir ses copains. Une maman c'est cela, une personne avec qui on peut etre soi-même, pleurer parce qu'on a mal, et être sûr qu'elle sera là et nous écoutera.
J'aime être la maman de nos enfants.
J’aime nos dimanches après-midis en famille, où tout le monde est juste heureux d’être ensemble et où la super activité est d’aller jeter des cailloux dans la rivière.
Jérôme a trouvé un énorme caillou :
Il a besoin de l’aide de Paul pour le jeter dans l’eau :
En avril, Eva a voulu nous préparer un goûter surprise. Avec l’aide de son frère, ils ont pressé plein de clémentines pour nous faire un bon jus. Puis Eva a inventé une recette: elle a melangé des yaourts sucrés aux fruits avec des céréales, et a également mis des cacahuètes. Quand Lynn s'est reveillée, elle et moi sommes descendues et avons vu la table dressée avec des verres remplis de jus de clémentines et des petits bols prêts à être remplis de "l'invention d'Eva".
Eva, Jérôme et Lynn ont gouté la recette d'Eva et ils l'ont trouvé dégoûtante! Lynn a poussé son petit bol loin d'elle et a dit: "Pas", ce qui veut dire "je n'en veux pas". Eva s'est forcée un peu plus longtemps, mais c'était trop sucé et les céréales avaient ramolli. J'ai goûté du bout des lèvres, et le tout a fini à la poubelle. Nous rigolions tous, et je disais à Eva: "C'est normal que parfois les recettes inventées aient un gout bizarre. Ce n'est pas grave ! La prochaine fois tu sauras que les céréales ramollissent dans du yaourt et que trop de sucre ce n'est pas bon."
Elle m'a répondu en riant: "Moi qui croyais que j'étais la meilleure cuisinière des filles de 9 ans! C'est vraiment râté!"
Un autre jour alors que je préparais le dîner, Eva est venue me voir dans la cuisine et m'a demandé: "Maman, est-ce que tu t'es déjà coupé les sourcils ?"
Moi: "Coupés, non, épilés oui. Il ne faut pas les couper, mais il faut les épiler."
Eva: "Pourquoi il ne faut pas les couper?"
Moi: "Parce que si tu les coupes, ils repoussent plus vite, plus longs et plus épais. Mieux vaut les épiler, mais moi je ne les ai pas épilés avant mes 17 ans!"
Eva ne disait plus rien, mais j'ai entendu qu'elle commençait à reniffler. Comme je cuisinais en même temps je ne l'avais pas vraiment regardée pendant notre petite conversation, mais à ce moment-là je me suis tournée vers elle, et j'ai vu qu'elle commençait à pleurer.
Moi, inquiète: "Qu'est-ce qu'il y a ma chérie?"
Elle, en pleurant: "Je me suis coupé le sourcil."
J'ai regardé ses sourcils, et effectivement il y en avait un avec un petit trou. Je l'ai prise dans mes bras et je l'ai rassurée en lui disant que pour une fois ses sourcils ne deviendraient ni plus longs, ni plus épais.
Je ne sais pas pourquoi, et elle non plus, mais ce jour-là, elle avait pris mes ciseaux de couture et s'était coupé un petit bout de sourcil "juste comme ça." Bien sûr je lui ai interdit de recommencer, parce que c'est dangereux, ses yeux sont juste à côté et mes ciseaux sont très pointus ! Merci aux anges qui veillent quand nous les mères ne voyons pas ce que font nos enfants.
Bien sûr nos enfants ne font pas que des bêtises lorsqu’ils se cachent. Parfois ils s’enferment dans leur chambre pour se déguiser.
Sur cette photo Eva est Héméra (du dessin animé Clémentine) et Jérôme s’est confectionné tout seul un costume de Malmoth (le monstre de feu du même dessin animé) :
Eva se pose beaucoup de questions sur la vie en général et sur la sienne en particulier, certaines questions sont plus sérieuses que d'autres. Mi-avril elle m'a posé des questions sur le mariage, et puis elle m'a aussi demandé: "Maman, quand est-ce que je pourrai cracher comme un tadjik et que mon crachat ne tombera pas sur mon tee-shirt ?" Hum...nous avons eu une petite conversation sur le crachat dans la rue, en public, qui est tout à fait acceptable et fait par tous ici, mais que dans d'autres pays cela est mal poli. Ainsi, ce n'est pas une bonne habitude à prendre, donc pas besoin de s'entraîner.
La semaine suivante, je lui disais pour je ne sais plus quelle raison "un jour tu verras quand tu auras des enfants", et elle m'a tout de suite coupée en disant : "Je n'en aurais pas."
Moi: "Pourquoi tu n'en auras pas ?"
Eva: "Parce que je ne me marierai pas."
Moi: "Pourquoi ?"
Eva commençant à pleurer à chaudes larmes: "Parce que c'est trop dur de trouver un mari! N'est-ce pas que c'est dur ?"
Moi (pensant qu'elle était vraiment jeune pour penser déjà que trouver un mari c'était dur) : "Oui, cela peut être dur, mais pour moi par exemple ça a été très facile. Pourquoi tu penses que c'est dur ?"
Eva: "Pour moi ce sera très dur!"
Moi: "Pourquoi ?"
Eva: "Parce que je dois trouver un mari membre de l’Eglise et fermier!"
Alors elle et moi avons parlé des membres de l’Eglise en Idaho qui faisaient pousser plein de pommes de terre, et que des membres fermiers cela existaient.
Eva, tout sourire: "Ouf, je parle anglais alors je pourrai me marier avec un membre américain qui fera pousser des pommes de terre !"
Un autre soir elle me disait: "Juste au cas où, je te le dis. Si je meurs tu peux donner la moitié de mes livres à Lynn et l'autre moitié à Jérôme, d'accord?"
Je lui ai répondu: "D'accord, pas de problème. Mais pourquoi tu penses à cela ?"
Eva: "Parce que je rêve souvent que je suis morte, mais je ne suis pas malheureuse! Je suis même très heureuse. Mais je suis triste pour vous parce que je vous vois tous pleurer."
C'est normal à son age de rêver de la mort, au moins pour elle, ce ne sont pas des cauchemars. Mes rêves de "mort" étaient bien plus traumatisants. A son âge, je faisais toujours le même cauchemar, je tombais d’un pont et me faisais dévorer par des requins !
A la fin du mois elle a encore perdu une dent :
Eva voudrait selon ses propres mots"plus de liberté" et jouer seule dans la rue comme ses amis locaux. Mais avec son père nous lui avons expliqué pourquoi nous ne voulions pas la laisser jouer seule. La pauvre, je comprends son envie d'indépendance, mais pour l'instant ce n'est pas possible. Alors elle et son frère jouent parfois dans la rue, mais je suis toujours là (la seule mère dehors) à surveiller, juste au cas où. Les enfants d’ici jouent à des jeux vraiment dangereux : ils se lancent de vrais cailloux à la figure, ils grimpent sur les toits, jouent à côté de fils électriques qui pendouillent, s’amusent avec des vieilles planches où des vises rouillées sortent de partout, font du vélo sans freins sur des routes pleines de trous, se battent fanchement sans aucune pitié… Alors quand nos enfants jouent avec les voisins c’est sous ma surveillance à des jeux bien moins dangereux !
Les combats, cris et coups de pied je préfère qu'ils aient lieu dans leur classe de Taekwondo :
Ici, nous avons fréquemment des petits tremblements de terre. Je dis qu’ils sont petits, mais parfois ils nous réveillent la nuit. C’est très étrange et assez effrayant de sentir tout le sol et les murs trembler, mais heureusement cela ne dure jamais longtemps. Juste au cas où nous avons préparé des sacs de survie et des réserves d’eau et de nourriture. Nous avons eu également plusieurs soirées familiales sur les tremblemennts de terre et sur comment réagir. Par exemple, si jamais un des enfants se trouvaient coincés sous des décombres, il ou elle ne devrait pas crier car en criant on avale plein de poussieres et on peut s’étouffer) mais il ou elle devrait se couvrir la bouche avec un tissu (leur tee-shirt par exemple) puis trouver un objet qu’il ou elle pourrait frapper à intervalles réguliers contre un autre objet pour faire du bruit et signaler leur présence.
Un matin de ce mois d’avril, lors d’un petit déjeuner, alors que Paul était déjà parti au travail, je disais aux enfants: "Le chien de notre propriétaire (Kouzia) a aboyé toute la nuit. Paul pensait que c'était parce qu'il y aurait un tremblement de terre."
Eva était morte de rire et m'a dit : "Kouzia ne peut pas le savoir. Ce n'est pas un spécialiste !" Je lui ai expliqué que les animaux pouvaient souvent pressentir ce genre de phénomènes.
Vivre au Tadjikistan n’est pas toujours facile. Ce mois-là nous étions en plein rationnement électrique. Tous les soirs vers 22h30 / 23h la ville de Douchanbé était plongée dans le noir et ce jusqu’à l’aurore. La raison officielle était qu’il n’y avait pas assez d’eau dans un des principaux barrages du pays, et qu’il fallait donc attendre que le niveau de l’eau monte avec la fonte des neiges. Officieusement, de l’eau il y en avait, mais l’électricité du pays était envoyée à d’autres pays voisins comme paiement pour rembourser une dette.
Au bout de deux semaines de rationnement électrique nocturne, notre électricité était également coupée un jour sur deux !
Il a fallu apprendre à jongler et faire tout ce qu’il y avait à faire les jours où j’avais de l’électricité, je faisais lessive sur lessive, des bon repas, du repassage, des emails… Les autres jours, pas d’ordinateur, pas de four, pas de lessive, pas de micro-onde, pas de télévisions (parfois les enfants aiment bien regarder un petit truc pendant la sieste de Lynn), etc.
Ce qui me manquait le plus c'était le chauffage (il fonctionne électriquement) certaines nuits étaient encore bien fraîches. Je faisais également bien attention au réfrigirateur et au congélateur en ne les ouvrant vraiment que le plus rarement possible pour qu’ils gardent leur fraîcheur.
Nous vivons dans la capitale, alors malgré tout nous étions chanceux. Dans les autres villes du pays beaucoup n’ont pas eu du tout d’électricité pendant plus d’un mois !
L’eau qui coule de nos robinets n’est pas non plus très propre, comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous. Parfois, je dis à Paul en rigolant : « Il y a des gens qui payent pour prendre des bains de boue, moi je peux le faire gratuitement dans ma baignoire ! » Parfois je me demande si après la douche je suis plus propre qu'avant la douche.
Mais bon nous savons pourquoi nous sommes là et que nous n’y serons que pour une période de nos vies. Ces mois passés ici nous ont permis de réaliser combien nous étions bénis de vivre dans nos pays si bien développés, avec tout ce qu’il faut pour faciliter et préserver nos vies (le système médical ici est une vraie catastrophe).
Paul a un travail intéressant. Il passe autant de temps à enseigner à l’intérieur qu’à l’extérieur.
Ce mois-là, alors qu’il était sur le terrain, Paul a trouvé un agneau qui avait perdu son troupeau. Paul et ses soldats l'ont découvert épuisé et assoiffé. Il ne bougeait plus et ne bêlait même plus. Ils l'ont sauvé et l'ont donné à des villageois voisins.
En mai 2011 :
Ce mois-là nous avons pris l’heureuse décision de rentrer en France pour les vacances d’été. Nous avions cru ne pas pouvoir le faire, mais finalement moi et les enfants quitterons Douchanbé le 6 juillet et resterons en France jusqu’au 6 septembre. Paul devrait nous y rejoindre mi-août. Il doit rester un peu plus longtemps au Tadjikistan parce qu’il travaille. Moi et les enfants partons plus tôt pour passer plus de temps avec les grands-parents et pour accorder à Paul des soirées au calme pour préparer au mieux le GMAT un examen d’entrée en MBA. Il le passera en août à Bordeaux. Il prévoit de reprendre ses études en septembre 2012.
Le dimanche suivant l’achat de nos billets d’avion, nous lisions des écritures relatant des miracles accomplis par Jésus et j'ai demandé aux enfants s'ils connaissaient des miracles. Jérôme a répondu: "Moi j'en connais un. C'est un miracle que cet été on ira en France!" Hum...non pas un miracle, mais une bénédiction.
Sur notre horloge du salon, il y a une fonction compte à rebours et tous les matins les enfants nous crient le nombre de jours qui restent avant notre départ vers la France. Ils ont très hâte de tous (famille et amis) vous revoir.
Eva appréhende le voyage en avion. Elle n'aime pas l'avion, c'est long, cela lui fait mal aux oreilles et les toilettes lui font peur. Mais elle vous aime, et est prête à braver sa peur pour vous revoir. Ce qui la rassure c’est de me poser un millier de questions par jour sur notre voyage : à quelle heure nous nous lèverons (2h20 du matin), à quelle heure nous arriverons à l'aéroport de Douchanbé, ce que nous y ferons, quand est-ce que nous monterons dans notre premier avion, puis une fois à Riga ce que nous ferons, ce que nous mangerons, puis le deuxième avion direction Paris..... puis 4h de train (TGV à la grande joie de Jérôme)...finalement nous arriverons chez Papi Michel et Mamie Juliette.
Si au moins ses questions s’arrêtaient là, mais non ! En ce moment elle veut savoir les habits qu’elle portera pour le voyage, ceux de son frère, les miens ceux de sa sœur, quelles chaussures nous metterons, quels habits de rechange je prévoie d’emmener dans nos bagages à mains…c’est sans fin ses questions.
Jérôme me demande constamment quand est-ce que je commencerai nos valises. Moi je prépare des repas congelés pour mon homme pour qu'une fois partie, il mange de temps en temps de bons repas. Cette semaine je lui ai demandé s'il savait utiliser notre machine-à-laver, et il m'a répondu : "Mais je ferai comme la dernière fois que j'étais seul, je laverai tous mes vêtements à froid!"
Lynn ne comprend pas pourquoi nous sommes tous si contents, mais quand nous nous mettons à chanter notre chanson "Qui c'est qui va en France? Qui c'est qui va en France? C'est nous! ", elle chante avec nous avec un grand sourire.
Bref, nous organisons notre départ et nous sommes heureux de pouvoir bientôt tous vous retrouver et vivre dans un pays bien mieux développé que celui dans lequel on vit.
Avec Paul, nous nous disions que nous sommes passés directement de l'hiver à l'été. Il fait très chaud, et très beau chez nous. Plus de 30 degrés celcius depuis début mai. Les fruits et légumes au bazar sont de plus en plus variés et nous en profitons au maximun. J’ai pu faire le dessert préféré d’Eva qu’elle me réclamait depuis des mois, une tarte aux fraises !
Nous avons acheté une piscine pour les enfants, et tous les après-midis (sauf les dimanches et les jours où ils ne sentaient pas très bien) ils sont dedans. Ils passent des heures à sauter, plonger, nager, éclabousser tout ce qu’ils peuvent et s’inventer des jeux de dauphins, requins, crabes, raies et même de lions.
Voici quelques photos, sur la première vous pouvez voir Jérôme littéralement sauter de joie le premier jour où nous remplissions la piscine d’eau du robinet (c’est pour cela qu’elle n’est pas très propre).
Ce mois-là, Lynn était ravie que son papa chéri soit à la maison bien plus que d'habitude, car il avait pris quelques jours de congés. Elle aime être avec lui et ne le laisse pas faire grand-chose sans elle.
Tout ce mois de mai, Lynn a appelé son père non pas "papa", mais "Paul".
Elle a aimé nos promenades dans le quartier en sa compagnie.
Elle a aimé jouer à cache-cache en famille et c’est avec Paul qu’elle préférait se cacher.
Le dimanche matin elle était (et elle l’est encore) en complète admiration devant la belle voix de son père qui dirige la musique.
Elle aimait également que Paul l’applaudisse à chaque fois qu’elle réussissait à lancer un caillou dans la rivière.
En mai elle prononçait de mieux en mieux le prénom de son frère. Elle l'appelle "Jéome", elle a encore du mal à prononcer le "r".
Elle disait "voituture" pour "voiture" et a inventé un mot pour dire qu'elle voudrait être détachée de son siège réhausseur quand elle a fini de manger, elle disait "cookie". Pour elle cela veut dire "détache-moi". Depuis ce jour, elle le dit aussi quand elle veut que nous la libérions de son siège-auto ou bien encore quand deux objets sont coincés et qu'elle veut que nous les décoincions. Je ne sais pas du tout pourquoi elle a choisi ce mot-là pour cette signification précise, mais l'important c'est que nous la comprenions.
Elle dit aussi "poupée allaite" pour "papier-toilette".
Elle a appris à dire : "beurk". Elle découvrait tous les jours des choses "beurk" notamment des choses qu'elle allait chercher dans son petit nez, qu'elle mettait ensuite sur ses bouts de doigts et m'amenait d'un air dégoûté en disant "beurk". Je lui nettoyais le doigt et elle me disait toujours: "merci maman."
Lynn aimait jouer "au monstre" avec ses aînés. Ils la pourchassaient en faisant des grands bruits et elle partait en courant aussi amusée qu'effrayée. Mais parfois elle faisait elle-même la voix du monstre, et sa propre voix lui faisait peur. Elle venait alors se réfugier dans les bras d'Eva. C'était vraiment drôle à voir.
Lynn aime beaucoup Xan, le nouveau membre de l’Eglise (un jeune étudiant de BYU venu faire un stage de 3 mois à Douchanbé). Il a des neveux qui ont l'âge de notre petite dernière et il a l'habitude de s'en occuper alors il est complètement à son aise avec Lynn, mais tout autant avec nos deux grands.
Ce mois-là elle a appris à faire la vaisselle.
Elle aimait m’aider à laver nos fruits et légumes, mais très souvent ne pouvait pas résister à la tentation d’en croquer un !
Mi-mai, Lynn croyait avoir trouvé le moyen de ne plus aller dormir. Lorsque nous nous mettions en position pour la prière familiale du soir, elle commençait à crier: "non, non". Puis elle venait vers moi et essayait de me relever la tête. Ensuite elle tentait de m'ouvrir les yeux en tirant sur mes paupières (très désagréable comme sensation). En fait, elle ne voulait pas que nous priions parce qu'elle ne voulait pas se mettre au lit. Elle savait que juste après la prière, tout le monde allait se coucher et elle pensait qu'en nous empêchant de prier elle n'aurait plus besoin d'aller au lit !
Fin mai, Lynn a commencé à nous lécher, nous renifler et frotter sa tête contre nous. En fait elle se prend pour une lionne, ou un lionceau, depuis qu'elle a vu "Le Roi Lion" avec son frère et sa sœur. Eva m'a expliqué que Lynn aimait beaucoup toutes les chansons du film et que sa partie préférée était celle du début quand la mère du roi lion lui fait sa toilette (elle le lèche), puis la mère et le fils se font des câlins en se frottant l'un l'autre et en se reniflant ! Lynn a trouvé cela tellement mignon qu’elle nous fait la même chose. Eva et Jérôme trouvent ça drôle, moi pas du tout. Je ne trouve pas cela ni amusant, ni agréable, parce qu'elle nous lèche vraiment de toute sa langue. En plus nous ne sommes pas toujours vraiment propres. Je lui dis à chaque fois qu'elle peut me faire un bisou, mais pas me renifler ou me lècher. Malgré tout, même si elle le fait de moins en moins, ce soir encore en la mettant au lit j'ai eu le droit à son coup de langue sur la joue et le bras!
Lynn aime regarder ses aînés faire du Taekwondo.
Ce mois-là elle en a eu assez d’être une simple spectatrice et s’est mise elle aussi à donner des coups de pied.
Puis elle a essayé d’autres mouvements avec plus ou moins de succès mais toujours avec le sourire.
Je ne peux pas vous raconter ce mois de mai, sans vous parler de ce qui c’est passé au tout début du mois. L’après-midi du 02 mai, j'étais aux toilettes du haut (nous en avons un en bas), et les enfants mangeaient leur goûter en bas. J'avais demandé aux grands de surveiller Lynn quelques minutes. Je savais que le temps qu'ils mangent leurs pommes, j'avais le temps de faire ce que j'avais à faire toute seule.
Mais alors que j'étais dans la salle de bain, j'ai eu le sentiment très fort que je devais sortir des toilettes immédiatement. Le sentiment était si fort, que je n'ai pas hésité une seconde et je suis sortie des toilettes et j'ai découvert que les fenêtres du haut étaient ouvertes (notre femme de ménage les avaient ouvertes et ne les avaient pas refermées, quand je les ouvre, je n'oublie jamais de les refermer). Sur une des fenêtres grandes ouvertes, Lynn était debout sur un radiateur, la moitié de son corps déjà dans le vide. Mon sang s'est littéralement glacé dans mes veines, et j'ai entendu une voix très claire dans ma tête qui m'a dit : "Ne crie pas!" De peur, c'est que j'aurai fait naturellement, j'aurai crié. Mais si à ce moment-là j'avais crié Lynn aurait pris peur elle aussi et aurait probablement basculé dans le vide. Donc sans crier, sans un bruit, en marchant le plus silencieusement possible et le plus rapidemment possible j'ai parcouru les 11 mètres qui me séparaient de Lynn et arrivée près d’elle je l'ai attrapée et l'ai mise en securité dans mes bras.
Une fois qu'elle était dans mes bras j'ai commencé à trembler de partout, et je me suis mise à pleurer. Notre maison est haute, en bas, sous nos fenêtres c'est du ciment...en quelques secondes... nos vies auraient pu basculer dans un cauchemar.
Lynn a échappé à la vigilance de ses aînés, moi je n'ai pas vérifié que toutes les fenêtres étaient bien fermées, mais seuls Paul et moi sommes autorisés à les ouvrir, et nous les refermons toujours. Combien je suis reconnaissante de ne pas avoir hésité une seconde de plus et d'être sortie de la salle de bain, et combien je suis reconnaissante de ne pas avoir crié. Je ne peux que louer le Seigneur dans ce miracle.
Voici une photo de Lynn encore une fois debout sur le radiateur et collée à la fenêtre qui est cette fois-ci bien fermée :
Sur cette photo Jérôme est à la fenêtre de laquelle Lynn a failli tomber :
Depuis cet incident, Paul et moi vérifions plusieurs fois par jour que nos fenêtres sont toutes bien fermées et nous aérons la maison que lorsque nous sommes à l'extérieur. Une fois que nous rentrons dans la maison, soit lui, soit moi, courrons à l'étage fermer toutes les fenêtres.
J'ai également par à notre femme de ménage et lui ai dit de fermer toutes les fenêtres qu'elle ouvrait, car c'etait dangereux. Nos fenêtres sont basses et très accessibles.
Merci Père Céleste de veiller sur chacun de tes précieux enfants, merci à vous pour vos prières de protection.
Nous faisons ce que nous pouvons en tant que parents, mais souvent nous sommes imparfaits. Heureusement que des anges gardiens sont là pour nous aider.
Un jeudi soir de début mai, alors que je couchais seule les enfants (Paul était à l'Ambassade de France à un diner de travail avec des députés de l’Assemblée Nationale en visite de France) Jérôme est ressorti tout content de sa chambre. Il venait tout juste de perdre sa première dent. Il commençait à se demander si cela lui arriverait un jour. Comme vous pouvez le voir sur la photo ci-dessous il était vraiment heureux. Il souriait de toutes ses dents (moins celle qui était tombée).
Paul est rentré de sa soirée à l'Ambassade juste à ce moment-là. Il était heureux d'être present pour ce joyeux et tant attendu moment de la vie de notre fils.
Le samedi suivant Jérôme avait déjà dilapidé tout l'argent reçu pour sa dent pour s'acheter une petite voiture, des chewing-gums et un nounours pour lui et un autre pour Eva.
Nos enfants ont continué leurs activités habituelles, avec l’école le matin et les après-midis libres. Ce mois-là nous avons fait pas mal de calculs mathématiques pour le plus grand plaisir de Jérôme. Parfois nous les faisons sur notre grand tableau blanc :
Parfois, nous utilisons des méthodes un peu moins conventionnelles pour additionner les dizaines mentalement (les enfants en l’espace de 2 ou 3 parties étaient capables de calculer seuls leurs points) :
En français, ils ont continué à progresser en lecture, écriture, vocabulaire, conjugaison, etc. Un jour, Jérôme et Eva ont bien ri quand leur père leur a dit qu'ils écrivaient en "pattes de mouche". C'est une expression française qu'ils ne connaissaient pas. Le soir-même, Jérôme tout content voulait me dire que moi aussi j'écrivais en "pattes de mouche", sauf qu'il avait mal retenu l'expression et m'a dit que j’écrivais en "pot de mouchoirs!"
Un autre mot qu'il a retenu de travers c'est les "sangsues" qu'il a appelé tout content de les reconnaitre dans un livre: "des susangs".
Malgré tout, il est bien dans sa peau, et un soir, durant le dîner, il a déclaré: "Je suis intelligent!"
Eva a rajouté ironiquement: "Tu es humble aussi!"
Jérôme qui avait mal entendu, s'est énervé et a dit: "Quoi ? Tu me traites d'imbécile"...humble aussi...imbécile, c'est vrai qu'il y avait de quoi se tromper.
J’aime enseigner nos enfants, très souvent ils me font bien rire, comme lors d’une de nos lectures où nous parlions de Youri Gagarine (le premier homme à avoir effectué un vol dans l'espace). Après avoir écouté attentivement son récit, Eva m'a demandée toute sérieuse: "Tu me laisseras aller dans l'espace quand je serai grande ?"
Nous avons ensuite parlé de Laïka, cette chienne qui était le premier être-vivant à aller dans l'espace, et Jérôme m'a demandé inquiet: "Laika y est toujours dans l'espace?"
Pendant la sieste de Lynn (juste après le déjeuner), les deux grands doivent faire des jeux calmes. Début mai, ils ont utilisé leurs temps de jeux calmes pour redécorer toute leur chambre. Ils l’ont transformé en « un univers plein d’étoiles et de planètes ». Il y a aussi une fusée (transportant toute notre famille à bord) et un gros soleil. Ils sont contents du résultat, et n’ont eu besoin de l'aide de leur père que pour coller les planètes et les étoiles tout en haut. Je vous laisse admirer leur travail :
En mai, Jérôme et Eva ont appris que leur prochain examen de Taekwondo aurait lieu le mois suivant. Eva tentera d’y obtenir la ceinture bleu (qui suit la verte, la jaune, et la blanche). Jérôme lui, vise la ceinture verte. Ils ont peur de ne pas y arriver, mais ils feront de leur mieux, et savent que c’est cela qui est important.
Jérôme me demandait : "Maman si je réussis mon examen pour avoir la ceinture verte est-ce que je pourrai en avoir une toute neuve et pas celle d'Eva, parce que je l'aurai gagné ?" Le pauvre, la dernière fois qu'il avait réussi son examen pour la ceinture jaune, nous lui avions juste donné celle d'Eva et pour Eva nous en avions acheté une verte toute neuve. C'est vrai que c'était injuste (en fait je n’y avais pas pensé), alors désormais chaque ceinture gagnée sera individuelle et neuve.
Paul leur a aussi promis une sortie au restaurant pour fêter leurs réussites. Les enfants aiment aller au restaurant et la dernière fois que nous y sommes allés c'était en mars pour l'anniversaire d'Eva. Un samedi après-midi alors que nous rentrions du Taekwondo vers la maison, Eva m'a demandée: "Maman si un seul de nous deux réussit son examen de Taekwondo nous irons quand même au restaurant ?" Je lui ai répondu: "Oui, bien sûr." Jérôme a rajouté: "Mais si nous réussissons tous les deux, nous pourrons aller deux fois au restaurant ?" Moi, pensant que c’était vraiment un petit fûté: "Non, juste une fois!"
Nos enfants appréciaient toujours autant nos promenades du dimanche dans les montagnes avoisinantes.
Ils y ont vu des chevaux.
Des arbres sur lesquels ils se sont empressés de grimper.
Ils sont partis à la recherche d’insectes.
Leurs recherches ont été fructeuses.
Un lundi matin, sur la table du petit-déjeuner, Eva avait placé un petit mot d'amour pour Paul et moi et voici ce qu'il y avait écrit dedans: "Maman et Papa montrent l'exemple et sont gentils et en plus ils nous emmènent en France! Ils font plein de cadeaux et nous achètent une piscine, nous inscrit au Taekwondo et maman cuisine, fait l'école, met la table, et papa travaille, répare les ordinateurs, et ça se sont de supers parents. Ils s'aiment autant l'un que l'autre, c'est incroyable de l'amour pareil... non? Ils aiment leurs enfants, ils enseignent l'Evangile, ça ce sont de bons parents. Eva Picard. The end."
Juste comme cela, un petit mot plein d’amour.
Eva aime l’eau. Dés son réveil, elle n'a qu'une hâte, c'est de plonger dans l'eau de la piscine. Elle y passe des après-midis de rêve avec son frère et leur ami voisin.
Photo d’elle, Jérôme et leur ami Djahonguir en train de manger un gâteau marbré que je leur avais fait.
Parfois, il ne fait pas assez beau pour se baigner, alors Eva doit trouver de nouvelles idées de jeu.
Une photo d’un de nos châteaux intérieurs pour les jours de pluie :
Mi-mai, à 2 heures du matin nous avons tous été réveillés par un tremblement de terre. Le sol a tremblé, nos lits ont tremblé, les placards, lustres et portes ont fait du bruit. Les petits étaient trop contents, Paul priait pour que la maison tienne le coup, moi je ne bougeais pas, j'attendais que ça se passe. Le lendemain soir Eva m'a gentiment étendu le linge sur un de nos sèche-linges à l'intérieur de notre maison. Elle avait mis des pinces à linge sur chaque vêtement, alors je lui ai dit: "Ma chérie, à l'intérieur ce n'est pas la peine de mettre des pinces à linge, on en met à l'exterieur pour que le vent ne fasse pas tomber les vêtements."
Elle m'a répondu: "Oui, mais à l'interieur il y a des tremblements de terre." Bien vu Eva, bien vu.
Je partage avec vous, pour m'en rappeler un jour ce qu'Eva m'a écrit sur un petit mot d'amour, suite à une discussion que nous avons eu toutes les deux (elle avait un souci et je l'ai aidée): "Chère Maman, tu es mon trésor. Je n'ai pas peur de te parler parce que tu me pardonnes et on s'en sort bien. Tu es ma maman, je ne t'oublierai jamais, et en fait mon travail le matin, je nettoyerai la table et parfois il y aura une surprise. Tu es la meilleure! Merci maman d'être ma maman. EVA"
Paul aussi est aimé de ses enfants. Un soir de mai, il avait fait un faux mouvement et souffrait un peu des côtes. Jérôme et Eva ont voulu prendre soin de lui. Ils ont commencé à masser Paul sur le canapé de notre salon, puis ils ont fini le massage dans leur chambre. Jérôme avait mis en place tout une installation (voir photos ci-dessous) pour que Paul s'allonge à travers les deux lits, le sien et celui d'Eva.
Jérôme s’occupait du haut du corps de son père et Eva du bas. Le massage a été apprécié et son efficacité prouvée.
Ce mois-là, Eva avait envie de porter des bijoux. Alors elle s’est elle-même fabriqué des boucles d’oreille avec des barrettes pour les cheveux et des brillants qui étaient sur nos rideaux.
Pour la fête des mères Eva m'a fait un collier avec les moyens du bord (un fil rouge et des perles trouvées dans la rue). C'était très gentil de sa part et je l’ai porté avec joie toute la journée de la fête des mères. Je ne l’ai enlevé que le soir, malheureusement ce collier était à usage unique, alors je ne l’ai pas remis depuis.
Photo d’Eva qui m’offre mon collier :
Elle m'avait également réalisé une fleur en papier. Dessus il y avait écrit : " Bonne fête maman. Tu es gentille, tu es belle, merci pour ma vie, merci pour la piscine, merci pour l'école, merci pour la nourriture et tu es serviable. Bisous, je t'aime."
Jérôme ne m'a rien offert car il avait oublié que c'était la fête des mères. Mais le soir-même, lui et Eva se sont chargés du dîner. Ils ont fait cuire des oeufs, des petits bouts de lardons, et un reste de riz avec du sel. Puis ils ont pelé et coupé des concombres. Ils ont fait tout cela tout seuls pour que je me repose! Trop gentils.
Pour la petite anecdote, le matin de ma fête, j'ai demandé à Jérôme de ranger les jouets de sa petite soeur, et j'ai vu à sa tête qu'il n'avait pas vraiment envie de le faire, alors j'ai rajouté: "S'il te plait...c'est la fête des mères, cela me ferait vraiment plaisir si tu pouvais m'aider en rangeant tous les jouets de Lynn." Alors il a commencé à ranger, et il m'a demandé: "La fête des mères ça dure toute la semaine ou juste une seule journée?" Je lui ai dit que cela ne durait qu’une seule journée et il était très soulagé!
J'ai de la chance que mes enfants m'aiment autant. Un soir alors que je les mettais au lit Eva m'a dit: "Maman, je t'aime plus que le monde entier. Je t'aime plus que gogol!" (Gogol est un nombre 1 suivi de cent zéros. Mais le plus grand de tous c'est "gogolplex" le 10 élevé à la puissance gogol, il n'y a pas assez de place dans tout l'univers visible pour l'écrire !)
Jérôme lui m'a dit: "Je t'aime plus que le ciel, que tout ce qu'il y a sur la Terre, que l'univers. Si je pouvais t'adorer, je t'adorerai. Mais je ne peux pas. J'adore Dieu et toi je t'aime."
J'aime regarder nos enfants jouer, parler, chanter, danser, réfléchir, se poser des questions, faire du sport, rire, rendre service. J'aime moins quand ils boudent, crient, pleurent, se fâchent, font la tête, mais même là je me dis que j'ai de la chance d'être leur mère.
J’aime que nos enfants soient plein de vie. Qui voudrait s’asseoir sur un banc quand on pourrait tout simplement sauter par-dessus ?
Pour finir ce mois, quelques photos de famille prises devant et aux alentours de l’Eglise Orthodoxe de Douchanbé. J’avais mis un voile par respect pour le lieu où je me trouvais.
En juin 2011:
Ce mois-ci je n’ai pas grand-chose à raconter, car nous avons tous été malades. Une sorte de gastro-entérite, Lynn a été la première à etre bien malade, elle a vomi, eu de la fièvre et de la diarrhée. Puis j'ai été atteinte, puis ce fut le tour de Jérôme, d'Eva et finalement de Paul. En tout, pendant 3 semaines il y avait au moins un malade à la maison.
En bref, ce mois-ci j'étais très reconnaissante d'avoir deux toilettes dans notre maison et une machine à laver pour tout nettoyer encore et encore.
C’était tellement triste pour nos chers petits d'avoir faim et de ne pas pouvoir manger, d'avoir une piscine mais de ne pas pouvoir plonger dedans, d'avoir des amis mais de ne pas avoir le droit de jouer avec eux (je ne voulais pas qu'ils leur donnent notre virus).
Lynn qui aime tellement manger, quand je lui disais : "A table", elle me répondait :"A table beurk!"
Régulièrement elle touchait son ventre et me disait: "Bobo!"
Pauvre petite, ses mots décrivent très bien ce que nous avons vécu ces dernières semaines.
Mais même malades, les enfants trouvaient de quoi s’occuper à l’intérieur de notre maison.
Pourquoi ne pas faire des pirouettes ?
Lorsque Paul était malade, il s'était allongé sur notre lit et les enfants ont voulu s'occuper de lui (voir photos ci-dessous). Jérôme disait à son père : "Je suis ton fermier!" Eva l'a corrigé et lui a dit: "Non, Jérôme. Tu es l'infERmier et je suis l'infERmière!" Trop drôle!
Heureusement Paul n’a pas été trop atteint par ce méchant virus, car il devait travailler. Ce mois-ci il a passé beaucoup de jours et de nuits sur le terrain.
Voici une photo de là où il se trouvait :
Dans les montagnes il trouve toujours des jolis cailloux qu’il ramène pour nos enfants. Mais ce mois-ci il leur a ramené des pics de porc épics.
Il a aussi attrapé un joli petit oiseau qu’il a relâché juste après la photo :
Le petit-fils de notre propriétaire était atteint du même virus que nous. C’est un petit bébé de quelques mois, et après plusieurs semaines il ne guérissait toujours pas. Alors sa famille a acheté un mouton et l'a tué (dans notre jardin) en suivant un certain rituel, comme offrande à Dieu pour guérir leur petit-fils. Eva et Jérôme ont pleuré, surtout Eva, mais ils ont tenu à regarder (par nos fenêtres) la mort du mouton.
Quand je leur ai expliqué pourquoi ce mouton avait été tué (comme offrande à Dieu pour la guérison du petit Samir), Jérôme a dit: "Pff...ils l'ont tué pour rien!"
Eva était triste, mais moins que la dernière fois. Elle a vu de ses propres yeux que le jeune mouton (moins d'un an) n'avait pas souffert longtemps.
Mais elle m’a tout de même déclaré : "Je n'en mangerai pas. C'est trop triste."
Pourtant quand les voisins sont venus nous offrir une assiette de leur mouton cuisiné, Eva a été la première à en manger.
Malgré tous ces petits et grands maux de ventre, nous avons eu un bon mois de juin, car nous avons fêté les deux ans de Lynn et les trente-quatre ans de Paul.
Le samedi 11 juin, jour des deux ans de Lynn, je l'ai laissée faire plein de choses que normalement je ne la laisse pas vraiment faire (voir photos ci-dessous). Elle était ravie.
Je l'ai laissée dessiner avec tous les feutres et tous les crayons sur tous les papiers:
Puis je l'ai laissée jouer à cache-cache dans son lit...mais c'était une partie de cache-cache très spéciale :
Parce qu’elle était toute nue dans son lit :
Elle était heureuse :
Je l’ai laissée dessiner sur notre grand tableau avec deux feutres à la fois :
Un vrai bonheur pour notre petite fille de deux ans :
Du matin au soir, Lynn souriait. Elle était heureuse de toute l’attention que nous lui portions. Eva lui a offert une poupée en tissu qu’elle avait confectionnée elle-même, mais Lynn ne l’aimait pas.
Eva était triste que Lynn n'aime pas son cadeau, mais je lui ai expliqué qu'elle ne l'aimait pas parce qu'elle était trop jeune pour l'apprécier. Alors Eva a décidé de garder la poupée en tissu jusqu'à ce que Lynn soit assez âgée pour l'apprécier.
Jérôme lui a offert trois petits fantômes en tissus, que Lynn n'a pas non plus vraiment appréciés. Elle ne voulait même pas les prendre dans ses mains. Mais Jérôme n'a pas eu mal au cœur. Lui, il les aime bien ses fantômes, alors, tout content il les a gardés pour lui.
Dernière photo de l’anniversaire de Lynn :
Quelques jours plus tard, le 15 juin pour être exacte nous avons célébré l’anniversaire de Paul.
Je lui avais fait son dessert préféré, deux bûches de Noël, renommées bûches d’anniversaires.
Les enfants lui ont offert une histoire qu’ils avaient inventés eux-mêmes. Je les aidés pour la partie écrite et eux se sont amusés à faire les illustrations.
Ce soir- là je disais à Paul : "Je t'aime" et Paul m'a répondu : "Je t'aime aussi." Jérôme a alors rajouté son grain de sel et nous a dit à Paul et moi : "Je vous aime aussi mes grands cars!"
Paul: "Pourquoi mes grands cars?"
Jérôme : "Toi tu nous appelles les petits cars, alors vous vous êtes mes grands cars!"
Moi: "Ça ne veut rien dire petit car! Pourquoi papa dirait cela ?!"
Paul: "Je ne vous appelle jamais mes petits cars!"
Jérôme : "Mais si! Depuis des années tu me dis "Je t'aime mon petit car!""
Paul: "Mais non, je dis je t'aime mon petit cœur!"
Jérôme : "Non, tu me dis petit car!!! Je suis sûr!"
Paul: "Mais non, petit cœur, je dis petit cœur!"
Paul et moi étions morts de rire, cela fait des années que Jérôme croyait qu'Eva et lui étaient des "petits cars".
Ce mois-ci, nous avons également célébré la fête des pères. Les enfants avaient fabriqués des cartes pour Paul, et à peine était-il réveillé qu’ils les lui ont offertes (c’est pour cela que sur la photo ci-dessous Paul n’a pas les yeux bien ouverts) :
Comme Paul est un gentil papa, pour sa fête il nous a emmenés en promenade. Sur cette il y a Xan (l’étudiant de BYU) et Ryan notre ami américain revenu pour 3 mois à Douchanbé.
Les enfants étaient très heureux de retrouver leur « grand-frère » (c’est ainsi qu’ils appellent affectueusement Ryan).
L’autre bonne nouvelle du mois c’est que Jérôme et Eva ont réussi leur examen de Taekwondo. Dès qu’ils recevront leurs diplômes officiels ils pourront porter avec joie leurs nouvelles ceintures. Eva a obtenu la ceinture bleue (il ne lui reste que la ceinture rouge avant la ceinture noire), et Jérôme a eu la ceinture verte (celle juste avant la bleue).
Cette photo a été prise juste avant leur examen avec leur ancien professeur de Taekwondo, championne du Tadjikistan :
Pour fêter leurs réussites à leur examen, et les deux anniversaires de Paul et de Lynn nous sommes allés au restaurant samedi soir. Un vrai plaisir partagé par tous.
Voilà, ce sera tout pour cette fois-ci. J’espère que tous ceux et toutes celles qui ont lu ce long blog ont pu comprendre ce que je voulais transmettre. C’est-à-dire, que les enfants sont une richesse et il suffit d’être auprès d’eux pour réaliser combien simples et purs peuvent être les bonheurs de cette vie. Je vous souhaite à tous et à toutes d’être heureux et de trouver le temps d’apprécier le fabuleux monde qui nous entoure.
Grosses bises à tous et à bientôt,
Elodie.


3 commentaires:
quelles aventures! J'ai adoré toutes ces histoires, qu'est-ce qu'ils sont rigolo! merci d'avoir partagé ces histoires droles et touchantes. Ce pauvre mouton quand meme....
aaaaaaaaaah, merci Lolo, super de te relire. J´espere que tout c´est bien passě (cést quoi ce clavier tcheque???) et que vous etes bien arrives :) super ici: on est tous crames, les blancs fluos irlandais etaient a la piscine :))))
VRAIMENT SUPER CE BLOG ET CETTE VIE HORS DU COMMUN DANS UN PAYS AVEC CETTE FAMILLE HORS DU COMMUN :)
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